Chaque année, en France, plus de 10000 malades attendent une greffe afin de continuer à vivre ou d’améliorer une existence lourdement handicapée. En 2006, 4428 personnes ont bénéficié d’une greffe mais de nombreux malades sont décédés faute de greffons.
Cet article, en apportant quelques réponses à vos questions, vous accompagnera dans votre réflexion.
Suite à un accident vasculaire cérébral ou à un grave traumatisme cranien, les patients sont hospitalisés dans un service de réanimation où tout sera mis en œuvre pour les sauver. Si les lésions sont trop importantes, le cerveau est irrémédiablement détruit et le patient décède. Ces décès en état de mort encéphalique sont peu nombreux : 3067 recensés en 2006 (0,5% des décès). Lorsque cela se produit il est possible, pendant quelques heures, de maintenir artificiellement une activité cardiaque et une oxygénation des organes afin d’envisager un prélèvement. En 2006, 1442 personnes ont été prélevées permettant la réalisation de 4428 transplantations.
Les prélèvements d’organes et de tissus en vue de greffe sont pratiqués dans des établissements de santé ayant une autorisation spécifique accordée par le ministère de la santé.
Que peut on prélever ?
Selon les besoins des patients sur liste d’attente, de nombreux organes et tissus sont prélevés lors d’une intervention chirurgicale effectuée dans le respect du donneur. En 2006, ces prélèvements ont permis d’effectuer 2731 greffes de rein, 1037 greffes de foie, 358 greffes de cœur, 182 greffes de poumons, 90 greffes de pancréas et 8 greffes d’intestin ainsi que de nombreuses greffes de tissus (os, peau, vaisseaux et cornées). Certains tissus, notamment les cornées, peuvent aussi être prélevés sur des donneurs décédés à cœur arrêté : plus de 4000 greffes de cornées ont été réalisées en 2006.
Selon quelles règles de sécurité ?
Comme toutes les étapes menant à une greffe, la sécurisation sanitaire des greffons est régie par les lois de bioéthique. Des règles de sécurité très strictes sont appliquées : la recherche de maladies transmissibles, comme les maladies virales, est obligatoire avant tout prélèvement. Il est également nécessaire de rechercher la meilleure compatibilité entre donneur et receveur (groupe sanguin par exemple).
Dans quelles conditions le corps est il rendu à la famille ?
L’équipe de coordination hospitalière, qui accompagne la famille dans ces moments douloureux, est le garant du respect des volontés du défunt et de ses proches. Le corps du défunt est traité avec respect et attention avant d’être restitué à la famille qui peut organiser les obsèques selon ses souhaits. La réalisation du prélèvement ne modifie en rien les démarches administratives et funéraires à accomplir ; il ne donne lieu à aucun frais supplémentaire pour les proches.
Trois grands principes sont posés par les lois de bioéthique :
Principe du consentement présumé
Après sa mort, toute personne est considérée comme consentante au don d’organes et de tissus, si elle n’a pas manifesté son opposition de son vivant. La loi nous donne la liberté de décider personnellement. Après le décès, un médecin demandera aux proches si le défunt s’était opposé à un don d’organes et de tissus.
Gratuité
Le don est un acte de générosité et de solidarité entièrement gratuit. La loi interdit toute rémunération en contrepartie de ce don.
Anonymat
L’identité du donneur ne peut être communiquée au receveur et réciproquement. Toutefois les proches du donneur peuvent, à leur demande, être informés des prélèvements réalisés et du résultat des greffes.
Pour la plupart des religions la vie humaine est une valeur essentielle. Elles s’accordent pour soutenir tout ce qui peut la sauvegarder ou la soulager. Le prélèvement d’organes, qui a pour finalité de sauver ou de restaurer la vie, ne rencontre pas d’objection de principe.
Les religions catholique et protestante
Elles invitent leurs fidèles à une réflexion en faveur du don. Elles précisent que le respect de l’intégrité du corps n’est pas incompatible avec le prélèvement d’organes, mais elles insistent pour que l’on préserve en toutes circonstances la dignité de la personne décédée et le souvenir des familles.
Les religions musulmane et juive
Elles sont en faveur du don d’organes, même si certaines sensibilités en leur sein peuvent nuancer leur propos ou émettre des réserves. Dans une très grande majorité, ces deux communautés disent leur assentiment dès lors qu’il s’agit de sauver une vie en péril.
En pratique il revient à chacun, responsable de ses actes, de se prononcer en conscience. La décision du don prend alors un caractère intime et personnel.
Si vous êtes pour le don d’organes ou de tissus en vue de greffe :
Dites le à vos proches pour qu’ils puissent en témoigner,
Portez sur vous une carte de donneur. Elle n’est pas obligatoire mais utile car témoignage de votre volonté.
Si vous êtes contre le don d’organes ou de tissus en vue de greffe :
Dites le à vos proches pour qu’ils puissent en témoigner,
Demandez votre inscription au Registre National des Refus. Ce registre est obligatoirement interrogé, après un décès, avant d’envisager un prélèvement. L’inscription est individuelle, possible dès l’âge de treize ans et révocable à tout moment.
En cas de décès, vos proches seront confrontés à une situation difficile et à une lourde responsabilité car les médecins leur demanderont si vous étiez opposé au don. C’est souvent parce qu’ils ignorent la volonté du défunt que, dans le doute, les proches s’opposent à un don d’organes ou de tissus.
Pour vous procurer des formulaires ou obtenir plus d’informations :
composez le 0 800 20 22 24 (n° vert, appel gratuit)
contactez la coordination hospitalière du CHU :
05 61 77 99 82
05 61 32 30 96
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