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Exposition accidentelle au VIH et hépatites
Prise en charge d’un patient ayant été accidentellement exposé au VIH ou aux virus des hépatites

Détails et questions
Après une exposition accidentelle à un liquide biologique potentiellement infecté par le VIH ou par un des virus des hépatites (VHB ou VHC), il existe un certain nombre de mesures visant à diminuer la probabilité d’infection. Ces mesures comportent les premiers soins à réaliser, une évaluation du risque d’infection, la possibilité d’un traitement, et la surveillance biologique de la personne exposée. Ces mesures se réalisent de façon différente selon qu’il s’agit d’une exposition par blessure avec un objet contaminé, ou d’une exposition lors d’un rapport sexuel.
Attention : ces mesures ne remplacent pas la prévention, leur efficacité n’est pas prouvée à l’heure actuelle

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Premiers soins

En cas de piqûre ou de blessure

- Ne pas faire saigner la blessure
- Nettoyer la zone blessée à l’eau et au savon puis rincer
- Désinfecter 5 minutes avec au choix
- De l’alcool à 70°
- Du Dakin stabilisé
- De l’eau de Javel
- De la polyvidone iodée en solution dermique (Betadine()

En cas de projection de liquide biologique sur une muqueuse ou dans les yeux

- Rincer de façon abondante au sérum physiologique pendant 5 minutes

En cas d’exposition sexuelle

- il n’existe pas de premier soin adapté, surtout pas d’utilisation d’agent chimique agressif pouvant altérer la muqueuse.

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Evaluation du risque de contamination

Cette évaluation nécessite un certain nombre de renseignements sur la personne exposée, sur celle qui est considérée comme la " source " éventuelle de l’infection, et sur les caractéristiques précises de l’accident entraînant l’exposition.
Il importe de déterminer si l’une des deux personnes en présence est connue pour être porteuse du VIH, du VHB ou du VHC. Dans ce cas il convient de savoir à quel stade de l’infection elle se trouve, si elle prend un traitement, quel est-il, quels sont ses derniers résultats biologiques.
Des tests de dépistage pourront être utiles si les personnes les acceptent, mais leurs résultats interviendront dans un second temps.
Dans le cas où la personne " source " n’est pas identifiée, il convient de tout mettre en œuvre pour tenter de la retrouver

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Circonstances et type d’exposition

Il faut ensuite détailler le plus précisément possible les circonstances et type d’exposition.

Pour les expositions par piqûre ou blessure l’évaluation nécessite de connaître :

- Le type de geste en cours au moment de l’accident
- Le type de matériel en cause : taille et diamètre d’une aiguille par exemple
- La nature et la profondeur de la blessure
- Le port de gants ou autre barrière de protection
- La nature du liquide biologique supposé contaminant
- Le statut clinique et biologique du patient source lorsque celui-ci est connu.

Pour les expositions sexuelles il faut préciser

- Le type de pratiques (orales, génitales, anales, réceptive et/ou insertive)
- Les facteurs de risques éventuels du (de la) partenaire
- La notion de violence sexuelle
- La présence de sang au moment du rapport
- La présence d’une infection génitale évolutive chez l’un ou l’autre des partenaires

Pour les expositions par partage de matériel d’injection de drogues il faut préciser

- Le nombre de personnes participant au partage
- Le type de matériel partagé
- L’utilisation éventuelle d’eau de Javel pour le rinçage du matériel
- L’ordre d’injection parmi ces personnes
- La notion d’une ou plusieurs personnes séropositives dans cette assemblée
- La notion de précarité aggravée (prison par exemple)

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La possibilité d’un traitement

Muni de toutes ces informations, un médecin référent pourra analyser le risque et proposer éventuellement la mise en route d’un traitement.
- Le médecin référent des Hôpitaux de Toulouse peut être joint depuis l’hôpital au numéro abrégé 37272, 24h/24 et 7j/7.
- Pour le joindre de l’extérieur de l’hôpital, téléphoner au service pour être mis en rapport avec un médecin ou composez le 06 73 99 04 23
Un traitement préventif (tri-thérapie) contre le VIH pourra donc être proposé au vu de l’évaluation du risque effectuée par le médecin référent. Pour être efficace ce traitement doit être débuté le plus vite possible, au mieux dans les 4 heures qui suivent l’accident, dans tous les cas dans les premières 48 heures. La délivrance de ce traitement se fait obligatoirement dans un hôpital.
En ce qui concerne le risque de transmission du VHB une vaccination éventuellement associée à une injection de sérum spécifique peut être proposée.

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La surveillance biologique de la personne exposée

Elle se compose d’un bilan initial réalisé moins de 8 jours après l’accident, et de tests répétés qui permettront d’une part de faire un diagnostic précoce d’infection le cas échéant, d’autre part de contrôler la tolérance du traitement si celui-ci a été prescrit.
Le bilan initial comporte des tests de dépistage des VIH, VHB et VHC, une formule-numération sanguine et un bilan hépatique si un traitement doit être débuté, un test de grossesse éventuellement.
Les tests permettant de faire un diagnostic précoce d’infection : pour le VIH une antigénémie p24 ou une charge virale du VIH entre la 2ème et la 3ème semaine qui suivent l’exposition, puis un test de dépistage standard 1 et 3 mois après l’accident. En cas de traitement, ces dates sont repoussées d’un mois. Pour le VHC : des transaminases tous les 15 jours pendant les 3 premiers mois, une PCR du VHC en cas d’augmentation des transaminases, un test de dépistage 1 et 3 mois après l’exposition.
Rappel : la transmission du VHC lors de rapports sexuels est extrêmement rare s’il n’existe pas d’infection par le VIH associée.

Ne pas oublier selon les cas

- d’établir le certificat initial de déclaration d’accident du travail,
- de proposer une " pillule " du lendemain.

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