Ce groupe de travail est dirigé par Mme Marie-Christine Chassaigne, cadre supérieur de santé (05 61 77 83 83).
Evaluation de la prise en charge de la douleur au CHU de Toulouse
Auteurs :
L’amélioration de la qualité de la prise en charge de la douleur est une préoccupation qui anime l’ensemble des équipes soignantes du CHU. Cette mission se formalise diversement au travers de réflexion d’équipe, d’élaboration de protocoles, de travaux de recherche.
Pour y répondre, un groupe de travail initié par la Commission du Service de Soins Infirmiers a vu le jour sous le nom de « Groupe douleur CSSI ». Il s’est enrichi dans le temps de nouveaux membres impliqués et/ou ressources, et notamment de la « cellule douleur aiguë » de Purpan. Il avait pour objectif de réaliser un état des lieux sur la douleur et être force de propositions et participer à la mise en œuvre de mesures correctives. Une enquête a été conduite en mars 2003 afin de répondre à l’objectif initial.
Dans le même temps, le CHU se dotait d’un Comité de Lutte contre la Douleur . Le groupe douleur a été rattaché à cette instance et officie à présent sous le terme : « Groupe Evaluation de la douleur ».
Cet état des lieux a été réalisé dans 63 unités tirées au sort : Médecine, Chirurgie, Gériatrie et Salles de Soins Post Interventionnelles à partir d’une enquête visant les soignants et les soignés d’une même unité de soins.
Ces unités étaient réparties sur les sites de Rangueil, Purpan, Casselardit et Paule de Viguier.
Ont été exclus du tirage au sort : les blocs opératoires, les urgences, les consultations, les endoscopies, l’hôpital des enfants, la psychiatrie, la gériatrie long séjour.
L’enquête a été réalisée en avril 2003 :
Les soignants avaient un délai de 15 jours pour y répondre.
Les Cadres de Santé des unités sélectionnées ont permis de concrétiser sur le terrain la réflexion du groupe de travail. Le personnel soignant sollicité a contribué à fournir une banque de données riche d’enseignements.
Le taux de réponses s’élève à 71% pour les soignés et 77% pour les soignants.
Les résultats s’articulent autour de 3 axes où sont envisagés le point de vue des soignés et des soignants :
L’information est considérée comme indispensable par les soignants. Ils relayent efficacement cet impératif sur le terrain en encourageant les patients à signaler leur douleur. Cependant plus du tiers des patients interrogés n’a pas bénéficié de cette information.
L’information délivrée, le plus souvent oralement par les soignants doit être améliorée. Des supports écrits pourraient venir en appui.
55% des soignés interrogés ont ressenti une douleur durant leur hospitalisation.
C’est sur cet échantillon de patients douloureux que repose notre constat.
L’évaluation
Pour 2/3 des soignés, l’évaluation de cette douleur varie de plus de 2h à 1 fois /jour. S’agissant de patients douloureux, cette fréquence ne parasite pas la considération qu’ils ont envers les soignants : ils estiment être satisfaits, voire très satisfaits, pour plus de 8/10 d’entre eux.
La douleur signalée par le soigné est prise en charge très rapidement à 87% dans un délai de 15 minutes . Cependant, l’efficacité du traitement administré l’est plus rarement, en considérant que l’évaluation est l’objectivation du niveau de la douleur, elle doit précéder et suivre le traitement.
La traçabilité de ce paramètre serait rendue plus lisible, s’il était considéré comme un critère de surveillance au même titre que la pression artérielle ou la température.
Pour 89% des soignants, le patient est considéré comme seul juge de sa douleur.
Les échelles d’évaluation les plus connues sont en premier lieu l’Echelle Visuelle Analogique (EVA) puis l’Echelle Verbale Simple (EVS), cependant l’EVS est la plus utilisée.
Les traitements antalgiques
Point de vue des soignés :
Point de vue des soignants :
Au vu de ces résultats, les réponses des soignants peuvent éclairer ces réponses :
Niveau de satisfaction
La qualité de cette prise en charge est largement reconnue par les soignés : 83% considèrent que le personnel soignant a répondu à leurs demandes.
Pour 92% de soignants, le niveau de soulagement d’un traitement antalgique doit être optimal. Soignés comme soignants partagent une exigence de qualité quant à la prise en charge de la douleur : ensemble, ils jugent qu’il n’est pas normal de souffrir à l’hôpital.
Si les soignés ont une exigence sur l’attente d’une qualité de prise en charge, ils sont tolérants sur les moyens actuels mis en œuvre . Toutefois, les soignants portent un regard plus nuancé sur la qualité de cette prise en charge.
La formation demeure le thème majeur évoqué.
Le défaut de mise à jour des connaissances imprègne les réponses des soignants tant du point de vue clinique que réglementaire . Conscients des lacunes dans ce domaine, ils expriment le désir de se former et souhaitent à 65% un référent douleur.
La demande s’exprime à 82% en adéquation avec un défaut de formation sur la prise en charge de la douleur admis à 78%.
Plusieurs axes de formation se dégagent autour de la législation sur la prise en charge de la douleur (méconnue à 69 %) ,la connaissance des différentes classes d’antalgiques et leurs schémas d’administration ainsi que les actions relevant du rôle propre.
La prise en charge de la douleur est un domaine évolutif et complexe
L’enquête a démontré l’importance de la qualité de la prise en charge de la douleur.
L’évaluation des pratiques professionnelles est nécessaire. Elle oriente précisément les mesures correctives que cette enquête a mise à jour :
Communication, information, interdisciplinarité, synergie d’acteurs, voilà bien là les axes de travail et/ou de recherche du Comité de Lutte contre la Douleur. Un partenariat volontariste avec la formation continue concrétisera les attentes d’un personnel soignant à la recherche d’une amélioration constante de la qualité des soins.
Groupe de travail : Arseguet Evelyne, Boubée Régine, Cayrol Monique, Cellier Anne, Chassaigne Marie-Christine, Delanoue Khadija, Gadrat Françoise, Galland Marie-Christine, Lamonzie Jackie, Lopez Ghyslaine, Parayre Thomas, Quintard Martine, Sérignac Michelle, Vanaerde Chantal.
Textes réglementaires
Revues
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