Histoire de l’hôpital Purpan

Construire un vaste établissement, moderne, éloigné du centre-ville

Publié le 13/09/2004 à 11h33 (mis à jour le 29/04/2005 à 16h24)

Au cours de la séance de la Commission administrative des Hospices de Toulouse du 14 février 1905, pour la première fois a été posée la question de l’abandon de l’Hôtel-Dieu Saint-Jacques, jugé vétuste, incommode et surtout insuffisant. On évoque alors son remplacement par un grand établissement nouveau, beaucoup plus vaste et aménagé conformément aux exigences de la science moderne et des conceptions du temps présent.

Le Docteur Caubet a été le principal avocat de ce projet. La vétusté de l’Hôtel-Dieu, son insuffisance d’espace et les conditions défectueuses d’installation des services devenus indispensables décident la Commission des Hospices à abandonner l’Hôtel-Dieu et de construire immédiatement un nouvel établissement répondant aux exigences et aux besoins autant des malades que de l’enseignement médical.
Le domaine de Baladier est retenu par la Commission car il présente bon nombre d’avantages. Cependant, pour acquérir et donner à ce terrain sa destination nouvelle, l’accord du Conseil de Santé était obligatoire : l’acte d’achat est passé le 8 juillet 1905 et la Commission acquiert le terrain pour 80 000 francs, prix fixé par Mme Veuve Gay propriétaire du domaine.

De 1905 à 1907, on prépare le projet selon les besoins du corps médical. Le 15 janvier 1907, la Commission décide la construction de 8 pavillons comprenant 570 lits : médecine générale, chirurgie générale, accouchements, enfants, contagieux et les tuberculeux (ces derniers étaient alors nombreux et leur isolement n’était pas possible à l’Hôtel-Dieu).
L’architecte Barthélémy Guitard est désigné par concours le 9 juillet 1907.
En 1909, le devis estimé s’élève à 4 181 000 francs ; les Hospices et la ville de Toulouse doivent participer à hauteur de 1000 000 de francs chacun.
Le 15 novembre 1910, le Comité des Inspecteurs généraux adopte définitivement le projet de construction de l’Hôpital suburbain.

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Le commencement des travaux

Publié le 13/09/2004 à 11h34 (mis à jour le 01/04/2005 à 13h07)

La construction de l’Hôpital Suburbain de Purpan pouvait commencer. Ce nom a été choisi en mémoire de François et Pons Purpan, deux frères qui se sont installés à Toulouse en 1608. François, maître en chirurgie, était chirurgien du Roi à Toulouse. Il avait acquis un titre de noblesse et des terres qu’il nomme Lavelanet de Purpan.
C’est le 25 septembre 1911 que l’on pose la première pierre de l’Hôpital, en présence du M. le premier président Martin ; M. Jean Cruppi ministre de la Justice et député de la troisième circonscription de Toulouse ; M. Viguié, Préfet de la Haute-Garonne ; M. Raymond Leygue, Maire de Toulouse ; M. Guitard, architecte du projet.

M. Raymond Leygue dans son discours a énoncé ce que sera ce nouvel hôpital : « Assez loin des quartiers habités, pour que tout danger de contagion soit évité, assez près cependant pour qu’il puisse être desservi par une ligne de tramways promise par M. Firmin Pons, le nouvel établissement se dressera sur un plateau d’où la vue s’étend sur Toulouse et sur toute la plaine de la Garonne. Les malades y trouveront un air pur et vif, un calme reposant, une fraîcheur vivifiante due à des sources abondantes [...] L’Hôpital sera dans une position merveilleuse : clarté ; tranquillité ; ensoleillement.
Les convalescents, pour achever leur guérison, n’auront qu’à se mettre aux fenêtres qu’un rayon de soleil viendra éclairer ; à moins qu’ils ne préfèrent, pendant les chaudes journées d’été, l’ombre épaisse des grands arbres ».
M. Cruppi ajouta : « [...] le plateau de Purpan va voir se dresser un hôpital modèle où tout sera réuni pour soulager et guérir les malades qui viendront réclamer le secours de ses médecins éprouvés ».
Cette première pierre était creusée pour abriter un coffret dans lequel étaient incluses des monnaies de l’époque et un parchemin portant les signatures des personnalités présentes.

M. Firmin Pons, directeur de la Compagnie des Omnibus et tramways de Toulouse, devient le 24 janvier 1912 membre de la Commission administrative des Hospices. Il va être l’administrateur spécialement attaché au nouvel hôpital. M. Pons fait acheter pour 85 000 francs le domaine de Bastard le 12 novembre 1913.

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La Grande Guerre interrompt les travaux

Publié le 13/09/2004 à 11h34 (mis à jour le 13/09/2004 à 11h36)

La première Guerre Mondiale a interrompu les travaux. Les pavillons édifiés sont laissés gratuitement à la disposition du Service de Santé pour la durée de la Guerre et pour une période de 4 années après la cessation des hostilités.
Firmin Pons meurt le 17 septembre 1920.
En 1922, la Commission Administrative décide de réduire le projet de construction primitif en ajournant les pavillons d’accouchement ; des enfants ; des contagieux et des tuberculeux. Le nouveau devis présenté par M. Guitard comprend : l’achèvement des pavillons des services de médecine ; les services de chirurgie ; construction des pavillons des services généraux. Le 31 juillet 1923 la Commission administrative décide de la reprise des travaux. Au début des années 1930, l’Hôpital Suburbain reçoit une série de subventions du Conseil Général, du Ministère de la Santé Publique, etc...
En 1936, le chauffage électrique est programmé ; la Commission décide de reprendre le programme initial de 1911 réduit en 1922. Elle fait appel à toutes les collectivités pour achever l’Hôpital Suburbain. Le projet initial est à nouveau revu à la baisse ( à cause d’une élévation constante du prix des matériaux.)

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A la veille de la seconde Guerre Mondiale

Publié le 13/09/2004 à 11h35 (mis à jour le 01/04/2005 à 13h25)

En 1939, la plupart des pavillons sont terminés et aménagés ; les divers services généraux ont reçu leur équipement et sont prêts à fonctionner. Cependant, les aménagements intérieurs (appareils de radio, mobilier, literie) restaient en suspens, dans l’attente des avances promises.

L’architecte Barthélémy Guitard avait conçu un établissement véritablement nouveau pour l’époque. Il n’a pas vu son achèvement et c’est son successeur, l’architecte Valette, qui a continué son œuvre.
La disposition des bâtiments, objet de curiosité pour l’époque, a été voulue par Guitard « en raison des vents qui balaient sans cesse le plateau et assurent aux divers pavillons une aération bienfaisante et continuelle, les plaçant dans les meilleures conditions d’hygiène et de salubrité. »
M. Guitard avait voulu que son hôpital soit construit en étendue et non sous la forme d’un bâtiment unique avec de multiples étages superposés. Il voulait une sorte d’ « hôpital-jardin où les malades auront la bonne fortune de jouir du plein air au lieu de se sentir emprisonnés dans une caserne ».

La nouveauté réside aussi dans le système de couloirs souterrains (pour lesquels le conseil de Santé était d’abord opposé) : « Tous les pavillons seront ainsi desservis avec rapidité et le personnel médical ou infirmier sera continuellement à l’abri des intempéries, ayant à sa disposition, pour le service, un petit chemin de fer électrique longeant les 2,5 Km de couloirs souterrains, avec station à chaque pavillon. »
L’ensemble de cette « agglomération » est dotée d’un équipement exclusivement électrique : cuisines ; buanderie, services divers fonctionnent à l’électricité.
On pourrait croire que la Seconde Guerre Mondiale a ralenti et mis en difficulté les travaux... c’est au contraire elle qui va les activer et les mener à leur terme.

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L’inauguration officielle : le 17 mars 1940

Publié le 13/09/2004 à 11h37 (mis à jour le 01/04/2005 à 13h10)

Le 15 octobre 1939, l’Hôpital Purpan est réquisitionné par les autorités militaires françaises et considéré alors comme un « hôpital militaire Complémentaire ». Hippolyte Ducos, sous-secrétaire d’Etat à la Guerre déclare dans son discours : « J’ai vu tout le parti que la guerre pouvait tirer de cet établissement, je le réquisitionne sur l’heure ! ». L’Hôpital Purpan est alors géré par un commandant d’administration, M. Bacquié et un médecin-chef : le lieutenant-colonel Lacassagne.
1200 lits sont disponibles et on en prévoit pour bientôt 2000 et jusqu’à 4000.
Le 11 novembre 1942 toute la France est occupée, en 1943 les troupes allemandes arrivent à Toulouse ; l’Hôpital Purpan est alors réquisitionné.
Les hôpitaux ont vu pendant cette période de conflit des arrivées massives de blessés.

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L’Hôpital Public prend possession des locaux de Purpan

Publié le 13/09/2004 à 11h38 (mis à jour le 01/04/2005 à 13h12)

Le 1er février 1946, 432 militaires français étaient encore hospitalisés à Purpan lorsque celui-ci est ouvert au public ; les premiers transferts des services de l’Hôtel-Dieu commencent le lendemain et s’échelonnent sur 2 ans. Le premier service qui arrive à Purpan est celui des tuberculeux avec 67 malades. Le 22 février, la médecine militaire est évacuée de Purpan ; le 30 mars les derniers hospitalisés militaires quittent les lieux.
Le 1er avril on comptait 429 malades mais petit à petit, les 939 lits sont occupés. L’installation progressive des services pour les trois hôpitaux s’échelonne jusqu’en 1950.
L’Hôpital suburbain de Purpan s’étendait alors sur 22 hectares et son aspect champêtre tel que l’avait voulu l’architecte Guitard a duré jusqu’en 1960.
En novembre 1951, le centre Régional de Transfusion Sanguine est ouvert à Purpan ; c’est également à cette date qu’un service scolaire pour les enfants hospitalisés de Purpan est installé. Celui-ci prend place au fur et à mesure des années dans les services de Chirurgie, Médecine et Médico-psychologie.

L’année 1958 voit la naissance du CHU (centre Hospitalier Universitaire) : l’union par convention des grands hôpitaux publics et des facultés de médecine avec mise en commun des moyens humains et matériels. Hospitalisation, Enseignement et Recherche sont devenus les trois missions de l’Hôpital public.
Le 3 février 1958, première opération à cœur ouvert réalisée à Toulouse chez une enfant de huit ans.

A partir de 1960, l’Hôpital Purpan a vu son harmonie architecturale se transformer avec la construction de nouveaux bâtiments indispensables pour assumer l’évolution croissante dans tous les domaines des techniques de soins et d’exploration...

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La multiplication des spécialités et le temps des « pseudopodes » (1958-1975)

Publié le 13/09/2004 à 11h41 (mis à jour le 21/01/2008 à 14h45)

Pendant ces années, Purpan allait démesurément grandir ; les années 1960 vont sacrifier le pittoresque à la modernité, l’urbanisme en est profondément marqué. Les nouveaux bâtiments de Purpan qui envahissent les espaces verts sont appelés « pseudopodes » du fait qu’ils ne relevaient pas d’un plan bien défini. Le préfabriqué apportait tellement de modernité face aux bâtiments de 1930 ... en attendant Rangueil...

Médecine et chirurgie progressent à pas de géant ; on créer des Laboratoires Centraux ; les spécialités se multiplient et « s’individualisent » et cela a une répercussion inévitable sur les aménagements de Purpan qui devient alors le centre hospitalier incontournable de la Région Midi-Pyrénées (urgences médicales, chirurgicales et pédiatriques, soins de proximité, cas sociaux...)

- 1964, départ de la dernière Sœur de la Charité de Purpan.

  • En 1971, l’école d’infirmier et d’infirmières s’installe.
  • 1979, le 2 avril : inauguration du nouveau service de Chirurgie thoracique et cardio-vasculaire du Pr. Paul Dambrin. La même année, le service de radio-pédiatrie est aménagé.
  • En 1981, ouverture du Pavillon Turiaf pour les affections respiratoires.
  • 1983 : ouverture de l’unité des Enfants brûlés.
  • 1984, première greffe de moëlle pratiquée à Purpan.
    Le 28 avril 1986 est inauguré le premier IRM de Purpan, remplacé en 1994.
    Le 23 juin 1987, les services de Médecine et de Chirurgie Infantile sont ouverts. Depuis 1972, la pédiatrie hospitalière toulousaine a connu une double évolution due à une spécialisation et une sectorisation de chaque service ; mais en 1987 on jugeait déjà les structures pédiatriques de Purpan insuffisantes...
    Le 7 février 1988 a lieu la première transplantation hépatique chez l’enfant ; opération menée par le professeur Vaysse, qui est devenu chef de service de Chirurgie Infantile à Purpan le 1er mars 1989.

1989, inauguration du laboratoire d’isolement du virus HIV.

  • En 1990, le 10 juillet, c’est l’Institut de Télémédecine qui est ouvert.
    Le 7 décembre une nouvelle unité des Urgences Enfants est opérationnelle.
    Une loi du 18 novembre 1991 rend obligatoire l’enseignement scolaire dans les établissements hospitaliers : « à Purpan, l’enfant n’est plus seulement un malade, c’est aussi un élève » (Maryse Glandières). Purpan bénéficie alors d’une équipe éducative de 20 personnes.
  • En 1993, on évalue les besoins d’un nouvel hôpital pédiatrique et en 1995 les travaux de ce nouvel hôpital vont commencer dans la zone Bastard en contrebas de l’Hôpital Purpan.
  • 1994, inauguration du bâtiment Logisud et du nouveau restaurant du personnel.
  • 1995, Projet de création de l’IFB, l’Institut Fédératif de Biologie.
  • 1997, pose de la première pierre du Service d’accueil des Urgences et Réanimation adulte de Purpan.
  • 1998, inauguration du nouveau bâtiment de l’internat de Médecine.
    En septembre 1998, les services de Pédiatrie situés à Purpan depuis les années 1950 vont être transférés vers le nouvel Hôpital des Enfants...
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Purpan, aujourd’hui et demain

Publié le 05/09/2012 à 17h10

2001, du fait des regroupements de services programmés dans le Projet d’Etablissement affichant clairement le principe de la fin des « hôpitaux-miroirs », des doublons et des activités redondantes et la mise aux normes de sécurité, certains bâtiments de l’Hôpital Purpan ont été désaffectés complètement ou en partie.
Le laboratoire de biochimie 1 et l’ancienne animalerie sont totalement désaffectés et démolis ; d’autres structures sont destinées à être réutilisées « en tiroir » pendant quelques années, à savoir les laboratoires et les pavillons Baudot, Sénac et Turiaf. A la fin de l’année, l’ancienne Pédiatrie est elle aussi démolie.

2002, Mise en place du dépistage néonatal et création du Centre de ressources et de compétences de la mucoviscidose (CRM) pédiatriques.

2003, La construction de l’Institut Fédératif de Biologie est lancée. Le 24 mars est inauguré le TEP-scan quelques heures après l’annonce du Plan Cancer par le Président de la République. C’est le quatrième site français après Paris, Caen et Lyon dédié plus particulièrement à la cancérologie et aux neurosciences. Enfin, la même année l’échographie 3D arrive à Purpan, à l’hôpital des Enfants.

2004, le 12 janvier, le conseil d’Administration du CHU vote le vaste projet de restructurations et de modernisation des hôpitaux. Ces projets vont durer de nombreuses années. Les décisions prises sont les plus importantes depuis une trentaine d’années :
Pour Purpan, il s’agit de construire un plateau technique mutualisé avec des blocs opératoires ; les services d’imagerie et des lits de soins intensifs et de réanimation, et auquel viendront se greffer 3 pôles : neurosciences (neurologie et neurochirurgie), un institut locomoteur et un pôle céphalique (ORL, ophtalmologie, et chirurgie maxillo-faciale).
Ce projet de réorganisation du CHU prévoit aussi le transfert des 160 lits de long séjour implantés actuellement à la Grave à proximité des courts et moyen séjours gériatriques, près de Purpan donc également près du futur plateau technique (hôpital Garonne).

2005, 7 juillet, réception des travaux de l’IFB, l’Institut Fédératif de Biologie. Il est inauguré le 28 février de l’année suivante et les premiers transferts de laboratoires suivent.

2007 : les hôpitaux de Toulouse engagent de grands projets architecturaux, notamment sur le site de Purpan avec le bâtiment du Samu, prévu pour 2008 ; la gériatrie à Ancely (hôpital Garonne) à la fin de l’année 2009 ; le tramway pour 2010 et l’hôpital Pierre-Paul Riquet dont l’ouverture est prévue pour la fin de l’année 2013.

2008, le 7 octobre, inauguration du pavillon du Samu Louis Lareng qui abrite toutes les activités du Samu 31. La même année, le « Laurier Rose », qui s’occupe de l’hébergement des familles de patients hospitalisés, fête ses 30 ans.

2009, inauguration du CAMSP 31, le Centre d’Action Médico-Sociale Précoce de la Haute-Garonne rattaché au pôle Enfants. Il est consacré au dépistage précoce des enfants de moins de six ans atteint d’un handicap moteur, sensoriel ou mental.
La même année, les unités de rhumatologie de Larrey et Purpan sont regroupées sur Purpan.

2010, 11 décembre, ouverture de la première ligne du nouveau tramway toulousain qui favorise, par son tracé au beau milieu du « grand Purpan », un nouveau plan d’urbanisme pour l’hôpital, incluant un déplacement de l’entrée principale de la Place Baylac vers une plate-forme commune avec l’Hôpital Paule de Viguier et l’Hôpital des Enfants

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