Le centre de rééducation fonctionnelle de la Fontaine Salée, Hôtel particulier construit en 1880, est acheté par le Département de la Haute-Garonne en 1896 et est alors destiné à l’accueil des enfants dont l’état de santé nécessitait une cure thermale (ostéopathologies, scolioses etc....) A cette époque, le séjour des enfants était souvent très long : jusqu’à deux ans parfois.
Touchée par les conséquences de la Première Guerre Mondiale, la Fontaine Salée est réquisitionnée pour recevoir les soldats blessés.
Dans les années qui suivent, un service destiné aux tuberculeux incurables est ouvert, ce service perdurera jusqu’en 1922.
En 1926, après que des aménagements importants aient été réalisés, l’établissement devient Préventorium Thermal géré par le Département de la Haute-Garonne : bains salés et grand air redonnent la santé à un grand nombre d’enfants scrofuleux [1], rachitiques et lymphatiques [2].
En 1934, on ouvre une école de plein air destinée à assurer une scolarité normale aux jeunes pensionnaires. La capacité d’accueil est alors de 100 lits.
Toutefois, la lutte contre la tuberculose ayant pour conséquence immédiate une chute importante du taux d’occupation, le Conseil Général est obligé d’envisager une reconversion de l’établissement de Salies-du-Salat dans les années 1960.
En 1959, le Département achète l’établissement et, par convention, le CHR de Toulouse en assurera la gestion.
[1] prédisposition de l’enfant et l’adolescent à des infections banales de la peau et des muqueuses, et à la tuberculose qui se localise sur les ganglions, les os, les articulations
[2] dystrophie observée dans l’enfance caractérisée par une augmentation de volume des organes lymphoïdes, des amygdales, des ganglions...et par une certaine mollesse, une pâleur des tissus
Cette reconversion, facilitée par la propriété des eaux salées du site, est axée sur la rééducation : dès 1970, une convention est passée avec le CHR de Toulouse qui prend la gestion du site et en transforme la vocation : la Fontaine Salée devient dès lors le seul Centre de Rééducation Fonctionnelle Infantile de la région avec 75 lits.
Entre temps, entre 1965 et 1970, une section sanitaire pour adolescents est créée.
Au début des années 1980, l’établissement possédait 100 lits pour permettre l’accueil d’enfants de 0 à 15 ans issus des services de chirurgie infantile, justiciables d’une rééducation en milieu hospitalier. 3 instituteurs spécialisés et des professeurs affectés par l’Education Nationale assuraient alors dans l’établissement un enseignement jusqu’à la classe de troisième.
Le Centre de Rééducation Fonctionnelle, entouré d’un parc et de terrains de jeux, est doté en 1982 d’une piscine de rééducation et de natation.
Avec les progrès de la chirurgie, mais aussi de la prévention et du dépistage des maladies des os, la durée d’hospitalisation ne va cesser de baisser : une ostéopathologie nécessitant par exemple 1 an d’hospitalisation autrefois sera ramenée à 3 semaines à la fin des années 1980.
Durant les mêmes années, le bâtiment de la Fontaine Salée abrite 100 lits d’hospitalisation de moyen séjour contre 22 lits de moyen séjour pour son voisin Sita Bella.
Avec le temps, le personnel de Salies a dû s’adapter à des pathologies beaucoup plus diversifiées : en 1988 on trouvait dans l’établissement : l’endocrinologie pédiatrique (obésité, diabétologie...), adulte (équilibrage du diabète), la traumatologie adulte et infantile, la dermatologie, la néphrologie, la cardiologie et l’hématologie.
L’ouverture à Purpan d’un secteur de greffe de moëlle a vu son prolongement à la Fontaine Salée. Certains malades greffés y sont alors accueillis après leur séjour en milieu stérile dans le cadre des soins post-greffes.
La Fontaine Salée a, dès cette époque, une forte activité dans le domaine des consultations et des soins externes assurés par des médecins de services toulousains pour les populations locales.
Destiné, comme la Fontaine Salée (à 800 mètres duquel il se trouve), à devenir Maison d’Enfants, cet établissement a vu sa reconversion survenir avant même que sa construction ne soit achevée !
En 1959 le bâtiment, implanté lui aussi sur la commune de Salies-du-Salat, est racheté par l’ONIA, l’Office National Industriel de l’Azote (qui s’appelait alors l’APC) qui en fait une maison de repos pour son personnel.
En 1964, on construit une villa à proximité du bâtiment principal, dont la capacité d’accueil est portée à 25 lits.
Le 15 décembre 1973, l’APC devra revendre l’établissement pour des raisons économiques au Département de la Haute-Garonne.
Le 15 novembre 1974, par convention, le Département s’engage à mettre l’établissement à la disposition du CHR de Toulouse.
En janvier 1979, la Fontaine Salée et Sita Bella sont rattachés définitivement au CHR par convention et bail emphytéotique [1] passés avec le Département et regroupés avec le Centre Médico-Thermal Ramel de Luchon pour former un groupe hospitalier unique des établissements du CHR extérieurs à Toulouse : le groupe hospitalier Salies-Luchon, administré par la Fontaine Salée.
Lors de sa séance du 30 mars 1981, le Conseil d’Administration du CHR approuve l’utilisation du site de Sita Bella en tant que service de suite du CHR et la direction médicale de cette unité d’hospitalisation de 22 lits est confiée au professeur Denard, Chef de Service de Diabétologie.
Outre ce service, le site de Sita Bella, ouvert le 11 juin 1981 et inauguré le 5 octobre suivant au titre de Centre de Convalescence Polyvalent, accueille d’autres services du CHR comme la dermatologie et la chirurgie vasculaire.
Sita Bella est devenu, dans les années 1990, le lieu d’accueil en centre polyvalent de convalescence rattaché au service de diabétologie-endocrinologie et susceptible de répondre aussi à des besoins d’ordre nutritionnel.
L’occupation des 22 lits était alors quasi-constante pour une durée moyenne de séjour de 3 semaines environ.
[1] se dit d’un bail à longue durée