Historique

Le gérontopôle toulousain : une première en France au service de tous

Publié le 12/09/2007 à 16h29 (mis à jour le 14/05/2009 à 14h30)

Le vieillissement de la population entraîne actuellement un besoin de projets fédérateurs totalement comparables à ce qui est observé en cancérologie. Depuis la création en Janvier 2003 de Cancéropôles, des projets de Gérontopôles visant à couvrir les besoins liés au vieillissement émanent en effet de diverses structures comme des équipes de CHU soutenues par leur ARH et des élus locaux ou nationaux, ou des structures privées lucratives.

En avril 2007, le Ministre de la santé et des solidarités, a annoncé la création de gérontopôles : sur le modèle des « cancéropôles », les gérontopôles permettront de fédérer autour d’une même structure des équipes de recherche et des cliniciens, afin de dynamiser la recherche sur la longévité, de mieux prévenir les maladies responsables de la dépendance et de promouvoir la santé des personnes âgées.

Le 1er gérontopôle à Toulouse

Le 12 Avril 2007, les ministres Philippe Bas et Xavier Bertrand ont annoncé la création du premier Gérontopôle à Toulouse à titre expérimental sur une période de deux ans. Le Professeur Bruno Vellas, coordinateur du pôle gériatrie gérontologie du CHU de Toulouse, a été nommé responsable du projet.
La ville de Toulouse a été choisie pour implanter le premier Gérontopôle en France car elle concentre des moyens, des compétences, et une activité de soins et de recherche importante. Concernant les activités de soins, le CHU de Toulouse accueille le pôle gériatrie gérontologie du Professeur Vellas, qui présente une forte activité et accueille plus de 15 000 patients par an. La filière gériatrique comprend par ailleurs des équipes mobiles, un plateau technique, un plateau ambulatoire et une consultation mémoire. Il faut également rappeler que c’est à Toulouse qu’a été labellisé le premier Centre Mémoire de Recherche et de Ressource en France sur la maladie d’Alzheimer.
Concernant les activités de recherche, le pôle gériatrie gérontologie coordonne le réseau français (REAL.FR) [1] et le réseau européen (EADC) [2] sur la maladie d’Alzheimer, qui ont permis de mettre en place un suivi de cohortes de patients atteints de maladie d’Alzheimer et de personnes âgées fragiles. Ces réseaux fédèrent chacun près de 50 centres d’excellence sur la maladie d’Alzheimer. Ces compétences offrent l’opportunité au pôle d’accéder aux thérapeutiques innovantes et de proposer aux patients un projet de soins adapté en prenant compte des avancées scientifiques.

Le gérontopôle toulousain pionnier dans la lutte contre la maladie Alzheimer

Sa mission principale est de développer la recherche clinique sur la maladie d’Alzheimer pendant une période expérimentale de deux ans et le Pr Bruno Vellas, coordinateur du pôle gériatrie-gérontologie du CHU de Toulouse, en a été nommé le responsable.

En France, 880 000 personnes souffrent de la maladie d’Alzheimer et 220 000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année ; la maladie Alzheimer a été déclarée grande cause nationale en 2007.

A ce jour, le gérontopôle associe le pôle gériatrie du Chu déjà porteur de l’Observatoire National de Recherche en Alzheimer, le pôle de santé publique, le département de pharmacie clinique, une unité Inserm ; il a vocation à s’étendre bien sûr à l’ensemble des services et des établissements de gériatrie.

Objectifs du Gérontopôle

Les trois objectifs assignés au gérontopôle toulousain devraient lui permettre de servir de levier autour de la recherche, de la prévention, de la promotion du vieillissement à travers des projets multidisciplinaires, sanitaires et médico sociaux :

  • la recherche clinique et les essais sur les molécules innovantes
  • le développement d’une politique de prévention de la dépendance autour de l’institut du vieillissement et sur la base de recherches épidémiologiques et de grands essais de prévention.
  • le développement de la recherche relative à la prise en charge au sein des filières gériatriques – dont l’ARH va poursuivre le développement et la labellisation - en relation avec les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes.

L’Institut du Vieillissement sera aussi créé et installé début 2008 sur le site de la Grave. Destiné aux professionnels et au grand public, il dispensera des conseils de prévention du vieillissement ; il veillera notamment à la prévention du déclin cognitif, et coordonnera un programme de prévention multi domaine du déclin cognitif associant nutrition, exercice physique et exercices cognitifs.

Un observatoire national de la recherche clinique en Ehpad va être mis en place ; ses travaux se coordonneront avec le réseau European Alzheimer Disease Consortium (EADC) et l’étude Plasa sur la prise en charge de la maladie d’Alzheimer.

Le gérontopôle a bénéficié en 2007 d’un budget de 350 000 € (dotations nationale et régionale) ; une évaluation sera menée au terme des deux ans afin d’envisager la création d ‘autres gérontopôles sur le territoire national.

[1Le réseau français sur la maladie d’Alzheimer (REAL.FR), financé dans le cadre du PHRC 1998 et 2001 (Promoteur : CHU Toulouse), a permis de recruter et de suivre pendant 4 ans une cohorte de 700 patients présentant au moment de l’inclusion une forme légère à modérée de la MA dans 16 CHU. Un des objectifs initiaux de ce réseau était d’étudier la filière du patient Alzheimer et de développer des approches interventionnelles. A titre d’exemple, l’étude PLASA « Plan de Soin et d’Aide spécifique à la MA » (PHRC 2002 et 2006), élaboré directement à partir de données obtenues dans REAL.FR, teste l’efficacité de ce plan sur la perte d’autonomie, le fardeau des aidants et le recours aux soins. Cette étude randomisée multicentrique (20 CHU, 29 CHG) inclut 1121 patients atteints de la maladie d’Alzheimer suivis pendant 4 ans. La moitié des patients randomisés sont suivis selon les recommandations du Plan de Soin, l’autre moitié selon la pratique habituelle des centres.

[2Le consortium européen composé de centres d’excellence sur la MA (EADC, site : http://www.alzheimer-europe.org/eadc), financé par la Commission Européenne, a permis l’harmonisation des pratiques entre les centres européens (outils d’évaluation cliniques et de neuro-imagerie, critères de sélection, suivi des patients Alzheimer) dans le but de réaliser des études internationales comparatives. Le réseau EADC a la capacité de répondre rapidement aux objectifs de recrutement rapide des essais interventionnels. A titre d’exemple, l’étude ICTUS « Impact of Cholinergic Treatment Use » suit actuellement une cohorte de 1 400 patients dans 12 pays de l’union européenne participant à l’EADC.