Située le long de la Via Tolosana, Toulouse était une ville-étape de pèlerinage importante, drainant pendant des siècles un flot de pèlerins conséquent. Plus d’un millier de pèlerins y transitaient par jour au Moyen Age. Toulouse est mentionnée dans tous les itinéraires, en particulier dans le Guide du pèlerin d’Aimery Picard en 1140, mais aussi dans la Carta itineraria Europa où figure, entre autre, l’Oberstrasse des Allemands.
En 1633, le mémorialiste Guillaume Catel énumère 30 établissements hospitaliers à Toulouse pouvant recevoir des pèlerins. L’Hôpital Saint-Raymond, fondé en 1070, est le premier établissement hospitalier de la ville.
Ces mouvements ne s’arrêtent pas là : l’histoire hospitalière toulousaine rapporte qu’en 1685 l’hôpital Saint-Jacques du Bourg disparaît lorsqu’un édit royal de Louis XIV interdit le vagabondage et, par extension, le pèlerinage.
Lorsque l’Hôpital Saint-Jacques du Bourg ferme ses portes, ses biens sont transférés à ceux de l’Hôtel-Dieu du même patronyme. Arguant de ces faits, les directeurs de l’Hôpital Général estiment que c’est donc à l’Hôtel-Dieu de subvenir au passage à Toulouse de ces pèlerins, ils en délibèrent le 21 septembre 1698 à la Grave :
« Le dimanche 21 septembre 1698, en Assemblée générale, le bureau de la direction de l’Hôpital Général de Toulouse de Saint-Joseph de la Grave [...] délibère au sujet de la gestion du flux des pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle.
Le sieur [Latour] stipule que l’Hôpital général fait des dépenses considérables pour la couchée qu’on donne soit aux pauvres passants soit aux pèlerins qui sont, pour ces derniers, considérables ; pour qui l’on a supprimé l’hospitalité du pèlerinage ».
On décide alors que les pèlerins ne seront plus reçus à la Grave car « c’est à l’Hôtel-Dieu de les recevoir en raison de sa réunion à l’Hôpital près de Saint-Sernin ».
On s’aperçoit qu’entre 1685 et 1698 les délibérations à ce sujet étaient très longues. En septembre 1714 le sujet était encore d’actualité ; s’il est besoin d’en reparler, c’est qu’il est fort probable que les premières délibérations ne sont pas bien respectées.
Dans l’ensemble, les textes ne sont pas très précis sur l’accueil des pèlerins à l’Hôtel-Dieu Saint-Jacques : quelques ordres du jour d’assemblées font mention de l’hébergement des pèlerins et certains registres mortuaires, mais pas les registres de délibérations. Le registre des recettes et dépenses et celui des malades ne nous renseignent pas beaucoup ...il faut garder à l’esprit que le but de l’Hôpital a toujours été de soigner, non de loger.
Les Chemins de Compostelle en France ont été inscrits sur la liste du Patrimoine Mondial de l’UNESCO en 1998. A ce titre, un certain nombre d’édifices majeurs tels que l’Hôtel-Dieu Saint-Jacques, propriété des Hôpitaux de Toulouse, ont été choisis pour illustrer l’étendue, la variété et la vitalité de cet héritage.