La migraine est une maladie qui se traduit par des crises de maux de tête, entre lesquelles le patient est libre de douleur. C’est une maladie fréquente touchant une population jeune à l’origine d’un handicap sévère chez une partie des patients. Le patient migraineux a un comportement souvent fataliste, la migraine souffrant par ailleurs de nombreuses idées reçues. Des consultations thématiques, spécialement dédiées à la prise en charge de cette pathologie, se sont développées en France au cours des dernières années. Elles sont réservées aux patients les plus sévères, le patient migraineux pouvant dans les cas les plus courants être pris en charge par son médecin généraliste ou un par un neurologue. Même si cette maladie reste bénigne, elle est pour une partie des patients à l’origine d’un impact notoire sur la qualité de vie.
La migraine touche 21,3% des français (11,3% de migraine stricte et 10,1% de migraine probable) (étude Framig3). Elle touche majoritairement la femme jeune et active.

3 à 4 fois plus de femmes que d’hommes migraineux
touchant essentiellement la tranche 20-40 ans
60% des femmes signalent un lien entre la survenue de leurs règles et l’apparition d’une crise de migraine
la grossesse est souvent une période de « lune de miel » au cours de laquelle les crises diminuent ou disparaissent. Cette amélioration est plus fréquemment constatée chez les femmes pour lesquelles la migraine survenaient au cours des règles
Ces femmes n’ont pas de trouble hormonal. Elles présentent une sensibilité individuelle aux fluctuations de leurs hormones.
La prise de la pilule, comme le traitement hormonal substitutif, peut avoir des effets très variables selon les femmes : aggravation, amélioration, absence d’impact sur les crises
La ménopause ne constitue pas toujours, contrairement aux idées reçues une disparition obligatoire de la maladie migraineuse.
La majorité des migraineux (82 %) n’a pas de suivi médical.
Ainsi, 23 % n’ont jamais consulté spécifiquement pour leur migraine et 59% ont déjà consulté mais ne sont plus suivis.
Un fatalisme à l’origine d’une sous-médicalisation
Les migraineux qui n’ont jamais consulté pensent que…
Ils sont capables de se débrouiller seuls (93 %)
Cela ne sert à rien (56 %)
Il n’y a pas vraiment de traitement (55 %)
Ainsi, la démédicalisation est très forte dans la maladie migraineuse car, si 60% des migraineux ont déjà consulté spécifiquement pour leur migraine, seuls 20% restent dans les circuits de soins. Les déterminants majeurs du maintien dans le circuit de soins semblent être la qualité de la première consultation dédiée, avec notamment empathie de la part du médecin, temps suffisant consacré à cette consultation, explications fournies sur la maladie migraineuse avec établissement du diagnostic (« une vraie maladie avec des mécanismes précis ») et prescription de traitements spécifiques.
Il existe deux types de traitements :
Les traitements de crise qui servent à soulager la douleur ;
Les traitements de fond qui sont des traitements préventifs dont l’objectif est d’espacer le rythme des crises et/ ou de diminuer l’intensité de celles-ci.
Les traitements de crise peuvent être soit :
Ce traitement qui est quotidien n’est pas un traitement « à vie ». Le médecin appréciera l’efficacité des crises grâce à la tenue d’un agenda des crises par le patient.
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