L’Hôtel-Dieu Saint-Jacques

Publié le 10/09/2004 à 17h04 (mis à jour le 02/10/2012 à 16h31)

Berceaux des soins, l’Hôtel-Dieu Saint-Jacques et l’Hôpital Saint-Joseph de La Grave près des berges de la Garonne représentent l’un des patrimoines historiques les plus prestigieux de la ville de Toulouse. Ils sont les témoins des valeurs humaines et professionnelles qui ont fondé la tradition et la culture de l’Hôpital.
Le devenir des Hôtels-Dieu fait actuellement l’objet d’un débat dans le cadre du plan de modernisation des établissements "Hôpital 2007" et notamment avec la fermeture d’une dizaine d’hôtels-Dieu à l’horizon 2010-2012.

Un colloque sur ce thème a été organisé au Sénat par la Société Française d’Histoire des Hôpitaux afin de suggérer des pistes de réflexion en croisant les expériences marquantes de tranformation menées en France et dans d’autres pays européens. Vous pouvez consulter le document présenté par le CHU de Toulouse au Sénat les 3 et 4 février 2006 sur la reconversion de l’Hôtel-Dieu Saint-Jacques.
PDF L’évolution de l’Hôtel-Dieu Saint-Jacques [4.5 Mo]

Définition de L’Hôpital médiéval occidental
A la différence de l’Antiquité, sur le plan de l’esprit, le Moyen-Age chrétien applique le principe de la charité évangélique qui inspire la conception de l’hôpital, création originale du Christianisme (c’est à Byzance, en 363, sous l’égide de Saint Julien l’apostat qu’est fondé le premier établissement destiné à accueillir des malades). Les hôpitaux chrétiens sont les précurseurs des soins universels (mais pour les catholiques seulement jusqu’en 1789) et gratuits pour les pauvres. Il n’attend de l’hospitalisé pauvre rien en contrepartie : la charité est le maître-mot au Moyen-Age (celui d’« assistance », à connotation laïque, sera celui du XVIIIème siècle). Cependant, à défaut de soins efficaces aux corps, c’est surtout l’âme qui doit être sauvée.
Les fondateurs d’hôpitaux ne concevront pas d’établissements sans prêtres, sans secours religieux. L’évêque est au centre de l’organisation de la charité ; il a le droit d’inspecter les établissements charitables de son diocèse et d’exiger des comptes de leurs administrations.
Les hôpitaux médiévaux sont des fondations [1]. L’administration est nommée par le fondateur. Chaque hôpital ainsi créé possède un patrimoine indépendant (il peut acquérir, aliéner), il est autonome, possède sa propre personnalité juridique, est sous le contrôle de l’évêque seul jusqu’au XIVème siècle, puis est de plus en plus laïcisé.
Peu nombreux jusqu’au XIème siècle, les hôpitaux vont surtout se développer au XIIème siècle et s’épanouir au XIIIème siècle dans les villes avec les hôtels-Dieu situés sur les itinéraires des pèlerins, généralement à l’entrée des ponts franchissant les fleuves.

L’Hôtel-Dieu Saint-Jacques n’est pas le premier établissement dont on conserve la trace à Toulouse : Construit en 1080 l’Hôpital Saint-Raymond est le premier établissement hospitalier de la ville dont il reste une trace dans le bâti ; il a été édifié au niveau de la plus importante étape du chemin de Saint-Jacques de Compostelle : Saint-Sernin. En 1633, le mémorialiste Guillaume Catel répertorie 30 établissements hospitaliers.

Voir aussi : le rôle de l’Hôtel-Dieu Saint-Jacques dans le pèlerinage de Saint-Jacques de Compostelle pour davantage d’informations sur les petits établissements hospitaliers du Moyen-Age.

[1donation à une église déterminée avec charge d’accomplir à perpétuité, d’après les vues du donateur, l’œuvre arrêtée par lui