Grâce au professionnalisme des équipes chirurgicales et aux progrès de la médecine (limitation des rejets avec les médicaments immunosuppresseurs notamment), la greffe permet de prolonger significativement la vie de personnes gravement malades, pour lesquelles elle constitue l’ultime solution thérapeutique.
Dans d’autres cas, elle améliore une vie très handicapée par la défaillance d’un organe ou d’un tissu.
Ainsi la greffe rénale constitue une alternative à la dialyse, technique de soin invalidante et particulièrement perturbante pour les enfants.
Quels organes et tissus greffe t’on ?
Poumons, coeur, foie, reins, pancréas, intestins
Cornées, peau, os, vaisseaux
Chiffres en France en 2009 :
Près de 13 075 personnes sont en attente d’une greffe,
4580 en ont bénéficié,
Au 1er janvier 2009, il restait 8244 personnes en attente.
Le taux de survie à 5 ans :
79,8 % de greffons rénaux,
72,7 % des patients ayant bénéficié d’une greffe hépatique,
65,5 % des greffés du cœur sont en vie.
En cas de défaillance terminale d’organes, plusieurs possibilités existent :
des organes et tissus artificiels (coeur artificiel, valve cardiaque mécanique, prothèse osseuse)
des thérapeutiques substitutives (dialyse rénale,...)
Lorsque les traitements deviennent insuffisants ou s’il n’existe aucune alternative thérapeutique, le seul espoir est la greffe.
L’inscription sur liste d’attente
La proposition de greffe relève d’une décision médicale.
C’est un moment à la fois redouté et attendu.
Le patient doit donner son accord écrit à l’inscription sur liste et subir un bilan pré-greffe très complet et invasif.
Les listes de patients en attente sont nationales et gérées par l’Agence de biomédecine.
Le délai d’attente de greffe varie selon l’organe mais peut être de plusieurs années.
Les raisons d’attente sont très variables : elles dépendent du nombre de greffons disponibles, du nombre de patients inscrits ou encore de facteurs biologiques propres au patient comme le groupe sanguin et le groupage tissulaire.
Lors de cette période d’attente, le patient se rend régulièrement à son centre de transplantation pour une évaluation de son état de santé.
L’attente ... puis la greffe
Il y a davantage de patients en attente que de greffons proposés.
Lorsqu’un organe est prélevé, il est attribué à un patient selon des règles écrites. Ces règles de répartition sont homologuées par le ministère de la santé, publiées au journal officiel et appliquées par l’Agence de la biomédecine.
L’objectif est d’assurer une répartition la plus équitable possible et de trouver le meilleur receveur. Elles tiennent également compte des contraintes techniques liées au prélèvement, au transport et au maintien de la viabilité du greffon.
Il existe des priorités pour des patients atteints de pathologies aiguës (hépatites fulminantes,...), les enfants et les malades ayant peu de chances d’obtenir un greffon compatible.
Les greffes d’organes sont pratiquées uniquement dans des centres hospitaliers universitaires, par une équipe spécialisée et autorisée par le ministre de la santé.
En 2009 ont été réalisées :
231 greffes de poumons,
21 greffes cœur-poumons,
359 greffes de cœur,
1047 greffes de foie,
89 greffes de pancréas,
7 greffes d’intestins,
2826 greffes de rein.
" 7 mai 1997... 7h. Après 4 jours d’hospitalisation, le diagnostic est tombé : insuffisance rénale totale ! J’entrais brutalement dans le monde de la dialyse. Inscrit sur la liste d’attente gérée par l’Etablissement français des Greffes, je n’avais plus qu’à attendre...durant 3 ans, 5 mois et 4 jours.
11 octobre 2000... 3h du matin. Au téléphone " Ici le docteur Lemaître. Préparez-vous, appelez une ambulance, venez à l’hôpital. Je vous attends...on va vous dialyser car vous pourriez être greffé aujourd’hui. " Je n’ose y croire, c’est merveilleux et terrible à la fois.
28 octobre 2000... Je rentre chez moi, tôt le matin. La maison est encore endormie. Je retrouve mon cadre familier, mon bureau, la cuisine et là je prends conscience de ma nouvelle vie. Je suis là...comme il y a très longtemps.
Au fil des jours et des mois, le traitement anti-rejet se stabilise. Mes forces reviennent. La vie se normalise. L’espoir, les projets renaissent.
La gratitude envahit le plus profond de mon être envers celui ou celle qui, en faisant ce don d’organe, a permis à l’inconnu que je suis de redevenir un homme à part entière. Je leur dédie ces quelques lignes. ".
Jean-Marie, de Valenciennes
Le suivi thérapeutique :
Après un temps d’hospitalisation, le receveur revient dans son centre de transplantation pour un suivi régulier et des examens de contrôle.
Ce suivi est impératif afin de diagnostiquer tout processus infectieux ou signe de rejet.
Le rejet
Après la greffe, il est nécessaire de suivre à vie un traitement immunosuppresseur qui diminue les défenses immunitaires et prévient ainsi la réaction de rejet du greffon.
Cette réaction, si elle n’est pas maitrisée, pourrait conduire à la perte du greffon voire au décès du receveur.
Le rejet est le plus souvent un phénomène réversible traité par une adaptation du traitement immunosuppresseur.
| Les résultats de la greffe en font une thérapeutique reconnue et encore inégalée. Les solutions alternatives (thérapies géniques ou cellulaires) font encore l’objet de recherches.
Aujourd’hui, une personne greffée peut reprendre une vie normale, une activité professionnelle, avoir des enfants alors que quelques mois auparavant sa vie était fortement dégradée ou menacée. |
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