Les limites de l’adaptation en lentilles

Publié le 30/05/2014 à 15h13

Il existe différentes situations qui contre-indiquent l’équipement en lentilles pour les kératocônes de stade trop avancé.

L’utilisation de lentilles atteint ses limites dès l’apparition d’opacités à l’apex de la cornée. Ces dernières ont pour origine des cicatrices au niveau de la membrane de Bowman dues à un appui trop important de la lentille (support de la couche cornéenne superficielle appelée épithélium). La vision n’est plus améliorable à l’aide de moyens optiques et seul le remplacement de la cornée centrale par une greffe permet d’y remédier. Cette dernière n’est envisagée que si la qualité de vision est très mauvaise et la meilleure acuité visuelle corrigée inférieure à 3/10.

Le port de lentilles peut provoquer des opacités plus superficielles (proud nebulae) pouvant faire proposer une photoablation superficielle très limitée en profondeur. Le laser excimer est ainsi utilisé en mode thérapeutique.

En cas de kératite centrale ponctuée importante, une simple kératectomie mécanique permet l’élimination des ces lésions (l’épithélium abîmé est débridé à l’aide d’une spatule et repousse de meilleure qualité).

La survenue d’un hydrops cornéen n’est pas liée au port de lentilles. Après récupération de la transparence cornéenne, le patient pourra être rééquipé en lentilles sauf si la rupture de la membrane de Descemet est localisée au niveau de l’axe visuel. Auquel cas une kératoplastie transfixiante sera proposée.

L’intolérance du patient pour la lentille constitue une autre limite :
Elle se traduit souvent par un inconfort du patient qui peut ressentir des picotements, des sensations de sécheresse ou d’irritations. Le système dit du « piggyback » peut être tenté en dernier recours avant la chirurgie (anneaux intra-cornéens), pour atténuer l’inconfort. Il consiste à placer une lentille souple entre la cornée et la lentille rigide pour améliorer la tolérance.

L’intolérance du patient peut se traduire aussi par la perte répétée de sa lentille due soit à un kératocône trop évolué soit trop décentré. Ces situations entraînent soit une instabilité de la lentille, soit des frottements répétés des yeux, soit la perte fréquente de la lentille lors de manipulations ou pendant les activités sportives.

Enfin, il peut s’agir d’une intolérance non spécifique au kératocône mais plutôt liée aux risques classiques du port des lentilles. Peuvent être rencontrées des complications palpébrales (ptosis), lacrymales (instabilité progressive du film lacrymal diminuant le confort), conjonctivales (conjonctivite papillaire géante, kératoconjonctivite allergique), épithéliales cornéennes (érosion d’origines mécanique, chimique, hypoxique ou immunologiques), stromales cornéennes (infiltrat stérile, kératite bactérienne, amibienne et fongique, serrage de la lentille), enfin les complications endothéliales sont rares.

L’intolérance peut être aussi d’ordre allergique en rapport avec les produits d’entretien, des réactions d’allergies saisonnières, ou de l’eczéma des paupières.