Les traitements médicamenteux de l’ostéoporose

Publié le 07/01/2013 à 16h43 (mis à jour le 27/03/2015 à 12h36)

Ces traitements ont pour but d’éviter les fractures ultérieures (et non d’augmenter la densité minérale osseuse). Ils sont remarquablement efficaces à condition qu’on les prenne, que l’on respecte les précautions d’administration et que leur durée de prise doit suffisante. Ces médicaments sont bien tolérés.

Ils diminuent de plus de 50 % le risque de fracture ostéoporotique. Ceci est à mettre en parallèle avec les traitements de l’hypertension artérielle ou de l’hypercholestérolémie qui ne diminuent que de 30 % les risques d’infarctus ou d’accident vasculaire cérébral.

Les principaux traitements médicamenteux de l’ostéoporose
Classes de médicamentsComment agissent-ils ?
Raloxifène C’est un SERM (specific oestradiol receptor modulator). Cette classe thérapeutique a été développée pour garder l’effet bénéfique des œstrogènes sur le tissu osseux en freinant la résorption osseuse et éviter leur effet néfaste sur la glande mammaire (cancer du sein).
Ce médicament réduit le risque de fracture vertébrale mais ne diminue pas le risque de fracture de hanche. Par contre, il diminue de moitié le risque de cancer du sein hormono-dépendant. Il est contre-indiqué en cas d’antécédents de phlébite et peut aggraver les bouffées de chaleur.
Bisphosphonates Ils diminuent aussi l’activité des ostéoclastes. Ils se caractérisent pharmacologiquement par une mauvaise absorption digestive surtout s’ils sont mélangés au bol alimentaire et par une grande rémanence car ils se fixent pour plusieurs mois sur le tissu osseux.
Ils peuvent être administrés per os une fois par semaine (Risédronate, Alendronate) ou en perfusion une fois par an (Zolédronate). Ils ont très peu d’effets secondaires (irritation digestive par contact direct avec la muqueuse oeso gastrique pour les formes orales à prendre avec un grand verre d’eau sans rester couché), fièvre maux de tête courbatures qui durent 2 à 3 jours pour le Zolédronate. Les ostéonécroses de la mâchoire, avec les doses données dans l’ostéoporose, n’existent pas (un cas pour 50 à 100000 malades traités, ce qui correspond au risque de la population générale). En cas d’insuffisance rénale, l’avis d’un spécialiste devra être pris avant l’administration de ces médicaments.
Tériparatide C’est un dérivé de l’hormone parathyroïdienne qui stimule la formation osseuse. Il s’agit du seul médicament anabolique actuellement disponible. Il est efficace sur tous les types de fractures. Il s’agit d’une injection sous cutanée quotidienne à partir d’une grosse seringue contenant les doses pour le mois à conserver au réfrigérateur. Ce traitement n’est remboursé que lorsqu’il existe au moins deux fractures vertébrales. Il occasionne parfois des maux de têtes et des crampes, et est contre-indiqué en cas d’hypercalcémie ou d’antécédents de radiothérapie sur le squelette.
Dénosumab Il est remboursé en France chez des patients ayant déjà été traitées par Bisphosphonates. Il s’agit d’un médicament qui inhibe la résorption osseuse par une action d’anticorps contre une voie activatrice des ostéoclastes (Rank ligand). Il est administré en 2 injections sous cutanées par an. Il est efficace sur toutes les fractures et occasionne peu d’effets secondaires.

N.B. : le choix du médicament sera fait par votre médecin en fonction de votre âge, de votre type d’ostéoporose (risque de fracture plutôt vertébral, plutôt de hanche) de vos pathologies associées (risque familial de cancer du sein par exemple).