Techniques d’adaptation des lentilles rigides

Publié le 30/05/2014 à 15h09

Examens nécessaires à l’adaptation

L’acuité visuelle du patient guide le moment de l’adaptation. En effet lorsque la correction avec ses lunettes n’est plus satisfaisante nous lui recommandons le port de lentilles. L’utilisation d’un trou sténopéique permet de connaître le gain potentiel maximum d’acuité visuelle qu’il est possible d’obtenir avec des lentilles (écran opaque placé devant l’œil et percé d’un petit trou gommant les anomalies optiques lorsque l’on regarde à travers).

Les mesures kératométriques (courbure de la cornée) obtenues par le kératomètre automatique sont très fiables et utiles pour le choix du rayon de la lentille d’essai, mais elles vont permettrent avant tout de connaître, en fonction de la kératométrie moyenne obtenue, le stade évolutif kératométrique du kératocône.

La vidéotopographie (Orbscan ou autre topographe) est un examen fondamental chez un patient porteur d’un kératocône. Il s’agit d’un relevé topographique des reliefs de la cornée. Elle est particulièrement utile pour bien visualiser le sommet du cône, sa position par rapport à l’axe optique et l’amplitude de ses pentes d’aplatissement.

Ces examens auront permis d’évaluer : le stade du kératocône, le siège de son sommet et ses limites. Ils vont servir pour orienter vers le choix d’une lentille d’essai.

Le choix de la lentille

Il est directement lié au stade évolutif de la maladie et au bombement cornéen mesuré.

Dans les kératocônes débutants la géométrie de la lentille est standardisée de type sphéro-asphérique. Dans le cas d’un kératocône à aplatissement rapide on utilise des lentilles sphéro-asphériques à fort dégagement. Le diamètre utilisé en général est de 9,60 mm.

Dans les kératocônes modérés, les lentilles sphéro-asphériques ne peuvent plus convenir, car elles s’alignent de façon trop importante sur la périphérie cornéenne et vont entraîner un appui péjoratif sur le sommet du cône. Les lentilles sphériques de type tri-courbes permettent de répartir les zones d’appui en évitant une pression excessive sur l’apex. Leur diamètre sera choisi en fonction de l’importance du décentrement du cône visible en élévation postérieure (Orbscan). Le diamètre utilisé est en général de 8,50 à 9 mm et dans les formes les plus décentrées on optera pour un diamètre > 9,30 mm. Cependant, lorsque les pentes du kératocône sont fortes, les dégagements périphériques peuvent être insuffisants, et des géométries tri-courbes « spéciales kératocône » permettront un meilleur passage des larmes en périphérie. Une absence de dégagement assez large est source d’un moindre confort et majore le risque d’un ventousage en fin de journée (adhérence de la lentille sur la cornée).

Plus les kératocônes sont évolués plus le nombre de dégagements des lentilles sphériques augmentent et plus ceux-ci s’aplatissent rapidement. Il devient impossible d’équiper des formes évoluées ou sévères avec des lentilles qui ne sont pas « spéciales kératocône ». L’importance du décentrement d’un kératocône conduit également à utiliser, à ces stades évolués, des lentilles de plus grand diamètre pouvant atteindre 11 mm.

L’équipement en lentille est possible pour les trois premiers stades du kératocône, à partir du stade IV une chirurgie sera proposée.

Calcul de la puissance de la lentille

Le calcul de la puissance de la lentille n’est réalisé qu’une fois la forme de la lentille définitive sélectionnée car les puissances sont liées aux géométries. Cette réfraction additionnelle à la lentille d’adaptation sera réalisée selon la méthode du brouillard car l’accommodation est importante chez ces patients.