Mois des cancers du sang : la (r)évolution des traitements est en cours

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Septembre rouge est l’occasion de faire le point sur une (r)évolution en cours à l’onco-hématologie du CHU de Toulouse. Trois nouveaux traitements – qui ont en commun le ciblage des cellules cancéreuses – apportent actuellement de vrais changements pour les patients.

Alors que la stratégie médicale a longtemps consisté à éradiquer de manière systémique les cellules cancéreuses à l’aide des chimiothérapies, leur ciblage avec de nouveaux traitements est en train de changer la donne. Le recours à l’immunothérapie – dont on savait de longue date qu’elle pouvait jouer un rôle – et l’usage de molécules qui inhibent le développement des cellules cancéreuses viennent améliorer de façon significative les résultats des prises en charge. Revue de ces nouvelles forces en présence !

Les cellules CAR-T et les anticorps bispécifiques font le lien entre immunothérapie et cancérologie

Il y a encore trois ans ces deux types de traitement étaient administrés de manière expérimentale, au compte-goutte, pour les patients atteints de myélomes dans le service d’hématologie du CHU de Toulouse. Aujourd’hui ils sont près d’un tiers à bénéficier de ses deux formes de traitements, signe du changement profond qui est en cours.

  • Le traitement par cellules CAR-T est délivré par 40 établissements en France, sur autorisation des Agences Régionales de Santé. Il consiste à prélever les lymphocytes T de chaque patient pour les modifier génétiquement, les multiplier en culture avant de les reperfuser. Les lymphocytes T modifiés ciblent ensuite spécifiquement les cellules cancéreuses et permettent de les détruire. Le processus de préparation prend entre 3 à 4 semaines : il nécessite un aller-retour entre le laboratoire de l’industrie pharmaceutique et l’équipe pharmaceutique du site de l’Oncopole et s’accompagne en amont d’une chimiothérapie très courte (éventuellement à domicile) avant l’administration du CAR-T Cell.
  • Les anticorps bispécifiques ou trispécifiques ont, eux, pour fonction de « connecter » lymphocytes T et cellules cancéreuses, toujours dans la même logique de destruction ciblée. L’avantage est qu’il s’agit ici d’un médicament administré par voie sous-cutanée. Il ne nécessite pas de délai de production et est disponible directement dans les pharmacies hospitalières.

« Ces deux traitements s’administrent au cas par cas, au plus près de la situation du patient et il n’y a pas vraiment de profil type. Après une chimiothérapie nous avions en moyenne des durées de rémissions de 9 à 12 mois ; avec l’immunothérapie aujourd’hui les rémissions s’étendent entre 3 et 4 ans. Non seulement on a un meilleur taux de survie sans maladie, mais c’est une survie sans traitement après un CAR-T cells. De plus, nous n’avons pas encore assez de recul pour mesurer précisément le gain en espérance de vie globale » détaille le Pr Aurore Perrot, hématologue dans le service d’hématologie du CHU de Toulouse à l’IUCT-Oncopole.

Les inhibiteurs de ménines, de petites molécules pour un grand changement

Avec les inhibiteurs de ménine – nouvelle thérapie qui se fait encore par accès dérogatoire pour les patients –, la mécanique du traitement est différente. En résumé, les inhibiteurs ciblent l’interaction entre deux protéines qui jouent un rôle dans la reproduction des cellules. En brisant leur relation que l’on pourrait qualifiée de « toxique », les cellules cancéreuses sont alors amenées à se reproduire normalement ou à s’autodétruire, au lieu de se reproduire de manière anarchique. Il s’agit là d’une vraie rupture qui fonctionne notamment pour le traitement de leucémies aiguës qui étaient, par ailleurs, réputées difficiles à traiter.

Et la recherche continue d’accélérer !

Les réseaux d’excellence en recherche portés par l’Institut national du cancer – auxquels le CHU de Toulouse participe dans le cadre de à de nombreux projets – ont permis ces toutes dernières années d’avoir une meilleure compréhension génétique des cellules sanguines. C’est ce qui a permis l’avancée de nouvelles recherches puis l’arrivée de ces traitements innovants. Selon le Pr Perrot, ce mouvement ne fait que débuter car « les recherches en cours et les traitements qui se dessinent apportent de l’espoir, que ce soit pour des cancers que l’on considère comme incurables ou pour prendre en charge les patients dès les stades précancéreux. »

Focus / Le service hématologie du CHU de Toulouse

Le service d’hématologie du CHU de Toulouse prend en charge près de 1500 patients par an, toutes pathologies du sang confondues.
En ce qui concerne les traitements par cellules CAR-T, ils sont administrés par le service d’hématologie « Greffe » du CHU de Toulouse. Ce dernier dispose de la certification « JACIE » qui permet l’exercice des activités de greffes de cellules souches selon des standards européens de qualité très élevés pour tout ce qui concerne les thérapies cellulaires, au bénéfice des patients. Une vingtaine d’établissements de santé en France ont obtenu cette certification.

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