Pourquoi restaurer les tableaux de bienfaiteurs des hospices ?

Publié le 22/07/2020 à 14h42 (mis à jour le 23/07/2020 à 15h45)

Les « hospices Civils » de Toulouse possèdent depuis des siècles des tableaux de bienfaiteurs qui étaient présents dans les salles de l’Hôtel-Dieu, La Grave, mais aussi dans les nombreuses maisons de Charité de la ville.

Loin d’être de simples ornementations, ces tableaux étaient destinés d’abord à marquer pour l’avenir la générosité de femmes et d’hommes, notables influents ou modestes donateurs, envers les « malades pauvres » à qui l’on donnait tous les soins possibles sans compter son temps et ses efforts.

Les Hospices Civils, comme les Maisons de Charité, étaient redevables depuis toujours envers ces bienfaiteurs pour le bon fonctionnement de leur structure.

La Révolution, les guerres, les destructions et dispersions ou plus simplement le temps qui passe ont eu raison de bon nombre de ces œuvres.

Ces tableaux étaient encore nombreux au XIXème siècle lorsqu’un premier inventaire fut fait : près de 800 œuvres recensées (voir chapitre précédent). Dans les inventaires suivants, le nombre de ces tableaux n’a cessé de diminuer.

Aujourd’hui, ces œuvres ont été réduites à une vingtaine exposées dans les grandes salles patrimoniales de l’Hôtel-Dieu Saint-Jacques et au Musée d’Histoire de la Médecine.

Dès 2004, le CHU de Toulouse a entrepris de faire restaurer ces tableaux : pour eux-mêmes mais aussi pour entretenir le caractère majestueux des Salles Patrimoniales, dont les murs étaient autrefois couverts de ces œuvres.

En 2006 puis en 2015, près de soixante-dix tableaux, retrouvés par hasard à l’Ensemble Conventuel des Jacobins puis dans des caves en travaux du CCAS de Toulouse (Centre Communal d’action Sociale, anciennement maison de charité) inconnus du grand public ont été signalés aux hôpitaux de Toulouse et ainsi sauvés d’une disparition certaine.

Une donation de sauvetage fut faite au CHU de Toulouse, l’hôpital public étant l’institution la plus légitime aujourd’hui pour recevoir cet héritage, symbole de la Charité et de l’Assistance.

S’engage alors le choix de restaurer progressivement cette nouvelle et très riche collection.

Une restauration permet de remettre une œuvre dans son état originel et pour 30 ans voire plus si les règles de conservation préventive sont respectées. Les budgets engagés pour une restauration complète le sont donc pour un résultat stable sur le temps long.

A terme, cette collection, aujourd’hui un patrimoine confidentiel, sera vivante et présentée au public.