Voeux de Marc Penaud, directeur général aux hospitaliers

Publié le 24/01/2020 à 20h53 (mis à jour le 27/01/2020 à 09h56)

ATTENTION, cet article est une archive qui n'est plus visible sur le site Internet du CHU de Toulouse depuis le 31/01/2020.

Madame, Monsieur,

Au moment où débute l’année 2020, je souhaite vous exprimer ma profonde reconnaissance pour le travail que vous effectuez au quotidien au bénéfice de nos patients. Les témoignages nombreux que je reçois sans cesse attestent de la qualité jamais démentie des équipes de notre CHU, qu’il s’agisse des équipes médicales et soignantes ou des équipes support.

Si ces témoignages sont l’expression toujours renouvelée de la confiance des patients et de leurs familles dans notre CHU et plus généralement dans un système hospitalier de grande qualité, reconnu dans tous les sondages comme l’un des services publics préférés des Français, l’année 2019 a été contrastée, marquée à la fois par de grandes réussites et par des difficultés importantes, à l’origine des questionnements profonds et de tensions exprimés à Toulouse comme partout au niveau national.

Pour la première fois depuis longtemps, l’hôpital est un enjeu de débat public, porté aussi bien par le quotidien concret des équipes que par la transformation de notre système de santé. Avec des interrogations essentielles sur l’attractivité des métiers, la capacité à gérer de front l’ensemble des missions hospitalo-universitaires qui nous sont confiées, la reconnaissance de l’engagement de chacun, la possibilité d’aligner concrètement les attentes personnelles et les conditions d’exercice à l’hôpital.

Ces enjeux sont cruciaux. Ils sont le fondement d’une solidarité et d’une humanité qui est le cœur de notre système hospitalier public. Aucun de nous ne travaille à l’hôpital par hasard. Ce choix est le fruit d’un engagement personnel profond.

C’est pourquoi, à l’appui des mesures nationales décidées fin 2019 et à venir concernant les rémunérations, la reconnaissance de différentes fonctions, le statut de praticien hospitalier, ou encore le statut des hospitalo-universitaires dans le cadre de la future loi de programmation pluriannuelle de la recherche, les projets déployés par notre établissement auront pour but de permettre à chacun de travailler en conformité avec les valeurs qui nous unissent. Projets en matière de gestion des ressources humaines, de gestion managériale, d’organisation ou encore de gestion logistique et informatique, car pour travailler dans de bonnes conditions, il est également indispensable de disposer des outils adaptés.

C’est le but poursuivi par le projet d’établissement voté en mars 2019, et déjà décliné de nombreuses façons.

2019 a permis de continuer à améliorer nos critères de qualité dans tous les domaines. Plusieurs services ont reçu le label « hospitalité » selon les critères définis par l’Assistance Publique des Hôpitaux de Paris. Dans le cadre d’une démarche commune avec l’Institut Universitaire du Cancer de Toulouse-Oncopôle, nous travaillons à obtenir la certification européenne en cancérologie, dans un format en réseau pour le moment unique au monde. De nombreuses initiatives sont nées au bénéfice de la protection de l’environnement, comme le tri des déchets en réanimation ou l’appui aux déplacements non polluants sur nos sites hospitaliers. La démarche « patients experts » s’est structurée et sera la base d’une nouvelle approche dans la gestion des projets.

Sur le plan territorial, notre CHU conforte son rôle pivot. D’abord au sein du Groupement Hospitalier de Territoire dont il est l’établissement support, mais aussi à l’appui des sept « subdivisions universitaires » avec lesquelles nous sommes liés par convention. Seul le CHU permet l’accès pluridisciplinaire aux spécialistes d’organes dans tous les domaines et aux plateaux techniques de pointe de haut niveau. C’est sa mission et sa spécificité. Notre hôpital a confirmé son rôle dans la gestion des difficultés démographiques médicales rencontrées par de nombreux hôpitaux, à travers des postes et temps partagés. Le GHT s’est structuré pour accompagner la nouvelle gradation des soins entre hôpitaux publics avec des résultats concrets à Lavaur, à Saint-Gaudens mais aussi dans de nombreuses disciplines en dehors de notre GHT. Un projet ambitieux de renforcement de la psychiatrie publique a été rédigé dans le cadre de la Communauté Psychiatrique de Territoire. Le CHU va continuer à s’ouvrir sur la ville, pour améliorer le parcours des patients. L’unité de consultations non programmée mise en place en fin d’année avec des praticiens libéraux de ville a ouvert la voie à des coopérations nouvelles qui seront renforcées dans le cadre des Communautés Professionnelles Territoriales de Santé. Le projet de Soins de Suite et de Réadaptation cardiologique commun entre le CHU et la Clinique Pasteur signe l’entrée dans une ère nouvelle de coopération.

La recherche constitue l’ADN de notre CHU. Elle a été couronnée de nombreux succès en 2019. Avec plus de 2000 études cliniques en cours en permanence, le CHU de Toulouse se situe parmi les principaux leaders dans la recherche en santé. Le projet Inspire « Vieillir en bonne santé » accompagné par la Région à hauteur de 57M€ conduit avec l’Université et l’Inserm a permis de lancer une cohorte unique au monde ainsi que des outils innovants de suivi de l’autonomie des patients. Notre CHU a remporté plusieurs projets européens, dont un en qualité de promoteur. Le développement d’une recherche en soins structurée a permis de remporter trois projets nationaux. Nous avons constitué un Comité de pilotage de l’Intelligence artificielle en santé pour structurer la montée en charge des projets. En matière d’innovation, la création de la plateforme Innov’Pôle Santé est unique en France. Constituée par 6 cofondateurs, elle accompagne le développement de l’innovation en santé du point de vue des besoins des professionnels de santé et des patients. Notre CHU a lancé un projet international de recherche et formation en médecine de catastrophe avec le Centre de Réponse à la Catastrophe, en co-fondation avec la Préfecture, le SDIS, la Police Nationale, la Gendarmerie Nationale et les Universités de Toulouse et de Harvard. La Clinique Universitaire du Sport a été inaugurée, rassemblant les compétences en matière de recherche, de formation et de traitement en traumatologie du sport.

Il s’agit maintenant de renforcer durablement l’appui méthodologique à la recherche pour toutes les disciplines, d’encourager les liens interdisciplinaires (avec les mathématiques, la physique, les sciences humaines et juridiques) afin d’accentuer les découvertes, et de définir une politique de site ambitieuse et équilibrée avec l’ensemble de nos partenaires que je salue : Université, Inserm, CNRS en particulier, afin de porter au plus haut la mission de découverte de la médecine de demain que nous portons ensemble.

La modernisation de notre établissement se poursuit. La Cité de la santé sur le site de La Grave a ouvert ses portes à la date prévue en mai 2019, permettant un accueil de grande qualité des patients au cœur de la ville. Les travaux sur le site de Rangueil concernant le téléphérique ont débuté. Il reliera le CHU à la faculté de Rangueil d’un côté, et à l’Oncopôle de l’autre. Les opérations préalables à la rénovation du bâtiment U2000 ont été engagées. Conformément au projet d’établissement, le projet du Grand Hôpital Régional pour Enfants a été conforté comme prioritaire, aux côtés de la rénovation du bâtiment h1 sur Rangueil et de la construction d’un nouveau bâtiment h4.

La cancérologie portée par le CHU et l’Institut Claudius Régaud est un axe majeur de développement. Le partenariat exceptionnel qui existe depuis 5 ans a conduit à créer une dynamique unique en France, marquée par une recherche de grande qualité reconnue à l’international et un niveau d’activité équivalent aux premiers sites parisiens avec plus de 100 000 chimiothérapies produites par an. La gouvernance commune sera renforcée au bénéfice des patients, des équipes et des projets. Elle conduira au lancement des travaux nécessaires à l’extension des activités sur le site de l’oncopôle, et à une meilleure intégration de l’ensemble des activités dans un plan stratégique d’ensemble.

Je souhaite terminer par le sujet des finances. Au CHU de Toulouse, le but n’est pas de soigner les finances, mais les patients et les équipes. Si les finances sont importantes, c’est parce qu’elles conditionnent la réalisation des projets. La situation financière s’est améliorée en 2019 avec une réduction continue du déficit et une amélioration de la trésorerie. Réduire le déficit, c’est d’abord mieux sélectionner les projets, mieux les prioriser, conduire de bout en bout les projets porteurs de valeur pour les patients et les équipes. A titre d’exemple, notre hôpital s’est beaucoup engagé dans le virage ambulatoire. Cela nécessite des organisations nouvelles, pour que les patients soient pris en charge avec la meilleure qualité possible dans un temps réduit. Notre enveloppe d’investissement a augmenté, permettant de multiplier par deux les investissements biomédicaux et par trois les investissements informatiques, totalement indispensables compte tenu de la vétusté de nos équipements. Je souhaite remercier l’ARS et son directeur général pour l’appui qu’il nous apporte dans de nombreux projets.

Si l’activité augmente de façon continue, c’est parce que les patients et leurs médecins ont confiance dans notre hôpital. C’est aussi parce que nous jouons pleinement notre rôle d’établissement pivot dans l’offre de soins dans l’Occitanie Ouest. Nous avons reçu 290 000 patients en hospitalisation, avons accueilli 195 000 patients aux urgences. Le SAMU a reçu près de 600 000 appels, et nous avons pris en charge plus de 850 000 personnes en consultations ou actes externes. Ces chiffres impressionnants nécessitent au quotidien une organisation adaptée, des compétences présentes, et des outils ad hoc. Ils sont le résultat de l’engagement des équipes médicales et soignantes, et des équipes support : administratives, logistiques et techniques que je salue. Ils ont été rendus possible grâce à celles et ceux qui sont en situation de management et de gestion, cadres, cadres supérieurs, chefs d’unité, chefs de service, chefs de pôles.

Ils ont nécessité la forte implication des instances et de leurs membres, que je remercie vivement. Je souhaite remercier tout particulièrement le Président de la CME le Professeur Schmitt, la Vice-Présidente le Docteur Turnin, le Doyen Serrano et le Doyen Carrié ainsi que les membres du Directoire pour leur engagement de tous les instants.

Notre CHU a de grands atouts pour réussir. Dans un dialogue interne serein et constructif, nous saurons faire de 2020 une année importante pour moderniser notre hôpital et continuer à répondre toujours mieux aux besoins de nos patients.

Je vous adresse, à vous et à vos proches, tous mes meilleurs vœux pour cette nouvelle année.

Marc Penaud,
Directeur général du CHU de Toulouse.