La peste et la 1ère restructuration du XIVème siècle à la 1ère moitié du XVIIème siècle

Publié le 13/09/2004 à 11h11 (mis à jour le 23/10/2019 à 13h38)


Médecin de la peste
Au printemps de l’année 1348, la Peste Noire arrive à Toulouse et fait des ravages jusqu’en 1350 : 15% à 30% de la population toulousaine est décimée. C’est le plus grand fléau qu’a connu l’Europe à ce jour : cette épidémie a fait 30 à 40 millions de morts (75 millions dans le monde). Elle est récurrente pendant plus de quatre siècles. A cela s’ajoutent les conséquences de la Guerre de Cent ans (exils de populations, faillites, disettes, famines...)

  • 1398, le testament d’Arnaud d’Avignon mentionne 14 hôpitaux, dont celui de La Grave, et 3 léproseries à Toulouse... 1 siècle plus tard, on évoque 24 établissements hospitaliers.
  • 1504, le 26 février, devant la multiplicité des établissements hospitaliers médiévaux, le Parlement de Toulouse légifère et les hôpitaux existants vont être, peu à peu, réunis à l’Hôpital Saint-Jacques du Bout-du-Pont (futur Hôtel-Dieu).
    L’Hôpital de La Grave se trouve sous la police directe des Capitouls.
  • 1506, Toulouse est décimée par une peste, on compte plus de 3000 morts en ville.
  • 1508-1514, l’Hôpital De La Grave est agrandi et prend le nom d’Hôpital Saint-Sébastien accueillant les pestiférés (Saint invoqué pour combattre ce fléau).
    Dans la période allant de 1508 à 1544, cet hospice Saint-Sébastien héberge les pestiférés dans un pavillon à l’abri du mur d’enceinte et à l’écart des autres pensionnaires : mendiants, enfants trouvés, invalides, incurables, aliénés et prostituées. La situation extra-muros de l’Hôpital Saint-Sébastien avait pour avantage d’isoler les malades des habitants, mais il devient bientôt insuffisant et il faut trouver un autre endroit, ce qui va être fait en 1557.
  • 1515, deux arrêts du Parlement rappellent la réduction du nombre des petits hôpitaux : ceux-ci proliféraient de manière anarchique entre le XIème et le XIIIème siècle et « en raison des multiples nuisances, du danger de contagion et de leur mauvais gouvernement », un regroupement de ces petits établissements avait déjà été envisagé en 1504 ; il est ré évoqué en 1515 et va encore l’être en 1524 et 1540.
  • 1516-1517, la Tour Taillefer, adjacente à La Grave, à l’origine tour d’artillerie servant de réserve de poudre et de munitions et faisant partie des remparts de la ville, est affectée à l’accueil des pestiférés, des mendiants et des épileptiques.
  • 1540, le Parlement, devant les nuisances causées par la dissémination d’une multitude d’Hôpitaux dans la cité et les faubourgs, décide d’en réduire le nombre, qui passe de 30 en 1473 à 5 en 1540, et de les placer sous une administration commune à l’Hôtel-Dieu. Ces réductions du nombre d’établissements hospitaliers s’expliquent par la volonté des autorités de la ville de réduire le plus possible géographiquement les foyers d’infections potentiels et ainsi par la même occasion la circulation des malades et des personnels.
  • 1557, devant les pestiférés qui affluent à Toulouse et à l’Hôpital Saint-Sébastien, il est décidé de les enfermer dans les tours des remparts voisins, puis dans les prés des Sept-Deniers et de Bourrassol ou encore sur la colline de Terre-Cabade.
  • 1628 - 1631, la plus meurtrière épidémie de peste à Toulouse au XVIIème siècle : 10 000 morts sur cette période sur un total de 50 000 habitants. On compte plus de 5000 mendiants. L’augmentation considérable de la délinquance due à la pauvreté extrême met en danger l’ordre public. Cette situation est la même dans toute la France. Une législation répressive va être mise en place et aboutit quelques années plus tard à la politique de Grand Renfermement.
  • 1628, « on meure autant de peste que de froid ». Beaucoup d’élites locales fuient, dont des médecins ; les Capitouls font venir 4 chirurgiens de Cahors pour prêter main forte à leurs confrères toulousains.
  • 1629, le 17 juin, tous les malades soignés à l’Hôpital Saint-Sébastien des Pestiférés meurent par contagion...on en profite pour désinfecter les locaux.