La tourmente Révolutionnaire

Publié le 13/09/2004 à 11h19 (mis à jour le 21/11/2006 à 16h58)

En 1792, La France s’enfonce dans la crise économique et sociale post-révolutionnaire. La misère se développe, en particulier dans les villes. l’anarchie règne dans les hôpitaux, elle culmine en 1796 ; cet état d’incurie va persister jusqu’en 1802.
Pendant une période tourmentée de 10 ans, les différents gouvernements qui se succèdent font de l’assistance aux pauvres une de leur priorité. Ils consacrent aux hôpitaux des fonds importants par rapport à leur budget d’Etat, mais minimes pour les établissements hospitaliers qui ont d’énormes besoins, aggravés par la Révolution.

  • 1789, la municipalité de Toulouse prend le contrôle de la direction des Hôpitaux et du pouvoir des Capitouls.
  • 1790, l’Etat supprime les secours qui étaient jusqu’alors à sa charge ; la municipalité doit alors subvenir aux besoins des hospices. La commune de Toulouse doit gérer les biens hospitaliers.
    Dès lors, l’Hôpital Général comme son voisin l’Hôtel-Dieu ne vont cesser de réclamer par pétitions des fonds au département, qui n’arrivent que tardivement et insuffisamment.
  • 1792, la Convention déclare Biens Nationaux les propriétés des Hôpitaux. N’ayant plus de ressources, (la disparition de la féodalité, de la Dîme entre autre, a entraîné des répercussions financières considérables sur le budget hospitalier) les Hôpitaux s’acheminent vers la faillite.
    Le 21 décembre de cette année, une nouvelle administration s’installe à La Grave : bourgeois et négociants prennent alors les dernières places occupées jusque là par les nobles et les ecclésiastiques.
  • 1793, par patriotisme et idéologie, la Grave est rebaptisé « Hospice de Bienfaisance ».
    Un rapport de Carnot dénonce les Hôpitaux de la ville comme des foyers de contre-Révolution . En effet, le personnel se doit d’être aux « normes Républicaines » ; on soupçonne le personnel religieux, les Sœurs et les prêtres, de faire pression sur les malades (donc des personnes vulnérables et impressionnables).
    Cette année est une « année terrible » selon l’expression de Victor Hugo. Elle est le point culminant de la crise. La République Jacobine (2 juin) impose des changements radicaux pour l’Hôpital Général. Celui-ci est non seulement soumis à l’impôt (au nom de l’égalité devant celui-ci) mais doit aussi participer à l’effort de guerre (réquisitions).
  • 1794, médecins et chirurgiens sont regroupés par un même diplôme : le doctorat en médecine. La persécution, puis le départ des religieuses désorganisent les soins et aboutissent à une anarchie totale.
  • 1795, le 24 octobre, la Convention, avant de se séparer, sous la pression des Hôpitaux en pleine détresse financière, déclare le droit des hôpitaux de jouir de nouveau provisoirement de leur patrimoine (mais beaucoup de leurs possessions ont déjà été vendues).
  • 1797, l’Hôpital de la Grave double sa surface en annexant des locaux militaires voisins qui provenaient de l’ancien Couvent des Clarisses de Saint-Cyprien (Dames de la Porte) ; (la Révolution avait transformé ce couvent en hôpital militaire). C’est dans ce domaine qu’allait être établi plus tard le quartier des aliénés. La Grave devient donc l’hôpital le plus grand de la ville avec une surface de 6 hectares.
  • 1798, Devant l’anarchie hospitalière causée par le remplacement des religieuses par des « commères bonnes patriotes », idéologiquement conformes mais incompétentes, l’Etat abandonne les Hôpitaux et met à la charge du budget municipal leur service et leur entretien (retour de l’Etat seulement en 1940).
    Cependant, l’Etat garde à sa charge l’entretien des sourds, muets, aveugle et enfants abandonnés et orphelins.
  • A la veille de la Révolution, il y a plus de 1500 enfants abandonnés à Toulouse, ce chiffre n’a fait que croître depuis 1789 car les nourrices n’étaient plus payées (ou payées en Assignats, monnaie de papier en laquelle on avait peu confiance) et ramenaient les enfants à l’Hôpital.

La Révolution a provoqué une rupture importante dans le système hospitalier français. Parce que fondées sur une utopie, les idées, bien que généreuses, n’ont pas donné naissance à un système hospitalier aux bases solides, viables et durables. L’Hôpital La Grave, comme tous les établissements français, est dans un dénuement extrême au moment même où le peuple a le plus besoin de ses services. Malgré cette incurie, l’Hôpital Général n’a jamais été fermé à la misère humaine et les pauvres ne sont jamais morts de faim à l’Hôpital.