Histoire de la psychiatrie dans les hôpitaux

Publié le 17/10/2013 à 15h50

Pendant longtemps, les malades psychiatriques (forcenés, déments et épileptiques) furent enfermés à l’hôpital Saint-Joseph de La Grave, avec les mendiants, les orphelins, les vieillards et les filles publiques.

Sous l’impulsion des travaux d’Esquirol et de Pinel, pionniers de la psychiatrie moderne, un service des maladies mentales, renfermant près de 300 malades, fut créé à La Grave en 1838 : c’était ce que les Toulousains appelaient alors « l’hospice des fous  ».

L’ouverture de l’asile de Braqueville en 1858, qui devait devenir plus tard l’hôpital Marchant, entraîna la fermeture de ce service qui fut réouvert en 1890 sous la direction du Professeur Remond pour être le service « d’enseignement clinique » de la nouvelle faculté de médecine.
Le Professeur Cestan, successeur du professeur Remond chercha à humaniser les conditions d’hospitalisations. Il créa un service ouvert équipé de l’électricité en 1922 et, peu après, du chauffage central.

Par la suite, le Professeur Marcel Riser, grande figure charismatique de la Faculté de Médecine, neuropsychiatre d’excellence, fut pendant plus de 30 ans, le titulaire de la chaire des maladies mentales et nerveuses à la Faculté de Médecine. On considère qu’il fut à Toulouse l’initiateur de la médecine hospitalière moderne, alliant à la fois les soins, la recherche et l’enseignement.

À sa retraite en 1961, la responsabilité des services fermés et ouverts de La Grave était déjà confiée respectivement aux Docteurs Laboucarié et Gayral. Son successeur, le Professeur Jean Géraud, fut le dernier chef de service responsable de la neuro-psychiatrie, la spécialité se scindant officiellement en 1971 en neurologie et psychiatrie.
Le Pr. Louis Gayral, alors nommé à la chaire de psychiatrie, lance le projet de construction d’un bâtiment de psychiatrie plus moderne à Purpan-Casselardit.

En 1977, le bâtiment de Casselardit ouvre. Il s’agit d’une unité de soins normalisés (USN), type de bâtiment reproduit à plusieurs exemplaires dans le système hospitalier français avec la suppression des dortoirs et des salles communes au profit de chambres ayant au maximum 3 lits.

Cette structure est un lieu ouvert offrant des activités d’ergothérapie, d’art-thérapie et de consultations. Dans ce service, le Professeur Michel Escande, oriente ses travaux vers les soins psychothérapeutiques alors que le Professeur Pierre Moron développe la psychiatrie de l’enfant, la psychiatrie de liaison et l’ouverture vers les autres spécialités ainsi que les soins aux suicidants.

Trente ans plus tard, le bâtiment de Casselardit montre ses limites en particulier au niveau des conditions d’accueil et d’hébergement des personnes soignées.

Le Professeur Laurent Schmitt, devenu Chef de Pôle et responsable du Comité Consultatif Médical de La Grave-Casselardit, demande le soutien de la direction générale du CHU de Toulouse. Ainsi va débuter le projet de reconstruction d’un nouveau bâtiment de psychiatrie.