Histoire des Hôpitaux de Toulouse

Riches d’une histoire de huit siècles, les Hôpitaux de Toulouse sont constitués de plusieurs établissements de soins. Ces établissements sont répartis sur Toulouse et dans le département de la Haute-Garonne.

Berceau des soins, l’Hôtel-Dieu Saint-Jacques du XIIe siècle et l’hôpital La Grave du XVIe, près des berges de la Garonne, représentent l’un des patrimoines historiques les plus prestigieux de la ville de Toulouse. Ils sont les témoins des valeurs humaines et professionnelles qui ont fondé la tradition et la culture de l’Hôpital.

Les hôpitaux médiévaux et les chemins de Saint-Jacques

Publié le 31/08/2004 à 17h34 (mis à jour le 27/11/2006 à 16h47)

La longue histoire des Hôpitaux de Toulouse commence approximativement vers 1080, avec la fondation de l’hôpital Saint-Raymond. Bâti à côté de la basilique Saint-Sernin, il est destiné à accueillir les pèlerins allant à Saint-Jacques-de-Compostelle.

  • 1130 : Un legs du prieur de la Daurade permet de construire sur les bords de la Garonne, à l’emplacement de l’actuelle salle des pèlerins, l’hôpital Sainte-Marie (Hospitale Beate Mariae).
  • 1197 : L’hôpital de La Grave est érigé, en aval, à quelques centaines de mètres, sur les graviers de la Garonne.
  • 1227 : Grâce à un nouveau legs, les membres de la confrérie de Saint-Jacques font bâtir, à côté de l’hôpital Sainte-Marie, l’hôpital Novel qui deviendra ensuite l’hôpital Saint-Jacques.
  • 1229 : Fondation de l’université de Toulouse et création de la faculté de médecine rattachée à celle des arts.
  • 1257 : Cette date, considérée comme celle de la fondation officielle de l’Hôtel-Dieu, correspond à un nouvel acte de donation du prieur de la Daurade.
  • 1313 : Réunion des deux hôpitaux Sainte-Marie et Saint-Jacques pour fonder l’hôpital Saint-Jacques del Cap del Pont (du bout du pont).
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Les temps de la peste et la première restructuration : XIVe - XVIe siècle

Publié le 23/09/2004 à 18h03 (mis à jour le 27/11/2006 à 16h47)

  • 1348 : La première épidémie de « peste noire » arrive en France. Ce fléau terrifiant frappe périodiquement toute l’Europe pendant plus de quatre siècles. Chaque épidémie fait disparaître
    15 à 30 % de la population toulousaine.
  • 1514 : La Grave, transformé en hôpital des pestiféréssous le vocable de Saint-Sébastien, devient pour les Toulousains l’hôpital de la peste ou las infirmerias.
  • 1540 : Le Parlement, devant les nuisances causées par la dissémination d’une multituded’hôpitaux dans la cité et les faubourgs, décide d’en réduire le nombre, qui passe de trente en 1473 à cinq en 1540, et de les placer sous une administration commune.
    Après la « restructuration », l’Hôtel-Dieu est obligé de recueillir les enfants « exposés » abandonnés.
  • 1557 : Devant l’afflux des pestiférés à l’hôpital Saint-Sébastien, il est décidé de les enfermer dans les tours des remparts voisins, puis dans les prés des Sept Deniers et de Bourrassol ou encore sur la colline de Terre-Cabade.
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Le Grand Renfermement : XVIIe siècle

Publié le 23/09/2004 à 18h04 (mis à jour le 27/11/2006 à 16h50)

Le XVIIe siècle est marqué par une misère effroyable, conséquence des guerres et des épidémies de peste.

  • 1631 : La ville compte 25 000 habitants et plus de 5 000 mendiants.
    L’augmentation considérable de la délinquance met en danger l’ordre public. Cette situation se retrouve dans toute la France. Une législation répressive va être mise en place et aboutira quelques années plus tard à la politique du Grand Renfermement.
  • 1641 : Les émules toulousains de saint Vincent de Paul fondent
    la Compagnie du Saint-Sacrement qui crée plusieurs œuvres caritatives : orphelinats, « bouillons des pauvres », ateliers de charité, etc.
  • 1647 : Les capitouls transforment l’hôpital Saint-Sébastien en hôpital général Saint-Joseph-de-La Grave, pour y « renfermer » mendiants, voleurs, et filles publiques. Cet hôpital recueille aussi les « fous », les vieillards démunis, les orphelins et enfants abandonnés dont le nombre dépassera 1 500 à la veille de la Révolution.
  • 1661 - 1684 : Agrandissement de l’hôpital général Saint-Joseph-de-La Grave et début de construction des grandes cours.
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Les hôpitaux sous l’Ancien Régime

Publié le 23/09/2004 à 18h06 (mis à jour le 27/11/2006 à 16h49)

Du Moyen Âge à la Révolution, l’hôpital fonctionne sur le mode d’une fondation, en institution autonome, placée sous l’autorité de l’archevêque, des capitouls et des membres du Parlement royal. Des règlements très précis fixent les conditions d’admission de séjour des malades et des incurables.
L’Hôtel-Dieu est un lieu de soins charitables, mais strictement réservé aux malades catholiques et interdit aux mendiants !

  • 1692 : Un don du chanoine Jean de Rudelle permet d’agrandir l’Hôtel-Dieu en bâtissant, entre 1702 et 1717, une aile pour les incurables du côté de la rue Viguerie.
  • 1716 : Construction du grand escalier d’honneur et d’une verrière à l’italienne qui prend le jour sur la Garonne et surplombe l’arche restante de l’ancien pont de la Daurade.
  • 1729 : De nouvelles missions sont confiées à l’Hôtel-Dieu :
    hospitalisation des vérolés, des scorbutiques et des parturientes. Jusqu’alors, les accouchements étaient interdits à l’hôpital.
    La maternité sera complétée par une école des sages-femmes en 1784.
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Les hôpitaux révolutionnaires

Publié le 23/09/2004 à 18h07 (mis à jour le 27/11/2006 à 16h51)

  • 1789 : La prise de la Bastille n’entraîne que peu de désordres à Toulouse qui compte à l’époque près de 56 000 habitants.
  • 1792 : La Convention déclare biens nationaux les propriétés des hôpitaux. N’ayant plus de ressources, les hôpitaux s’acheminent vers la faillite.
  • 1793 : Au nom de la liberté de profession, toutes les facultés de médecine sont supprimées.
  • 1794 : La persécution puis le départ des religieuses désorganisent les soins et aboutissent à une anarchie totale.
  • 1798 : Devant cet échec retentissant, l’État abandonne les hôpitaux et met à la charge du budget municipal, leur service et leur entretien.
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Les hôpitaux au XIXe siècle

Publié le 23/09/2004 à 18h09 (mis à jour le 27/11/2006 à 16h55)

  • 1801 : La création de la Société de médecine, chirurgie et pharmacie de Toulouse permet de suppléer aux graves carences d’enseignement et de soins laissées par la tourmente révolutionnaire.
  • 1804 : Les Filles de la Charité de Saint-Vincent-de-Paul seront pendant plus d’un siècle le symbole incontournable des soins infirmiers... Ce siècle sera aussi le temps d’une médecine
    partagée entre les « officiers de santé » et les « docteurs en médecine » titulaires d’une thèse.
  • 1845 : À La Grave, les travaux de la nouvelle chapelle commencés en 1758 sont enfin achevés.
  • 1847 : La première anesthésie générale est faite à l’Hôtel-Dieu sur un enfant de quatre ans atteint d’une lithiase urinaire.
  • 1858 : Ouverture de l’hôpital psychiatrique de Braqueville, futur hôpital Marchant.
    1860 - Travaux de surélévation d’une partie de l’aile Garonne de l’Hôtel-Dieu (salle des Pèlerins et chapelle).
  • 1875 : Le 23 juin, une violente crue de la Garonne fait 207 morts dans le quartier Saint-Cyprien. Les rez-de-chaussée de l’Hôtel-Dieu et de La Grave sont sérieusement endommagés
    mais les malades heureusement épargnés.
  • 1878 : Réouverture de la faculté de médecine.
    de 1875 à 1900 - La fin du siècle est marquée par le développement de l’hygiène hospitalière, les découvertes de Pasteur, les applications médicales de l’électricité et des rayons X (Roentgen, 1895).
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Les temps modernes

Publié le 23/09/2004 à 18h14 (mis à jour le 27/11/2006 à 16h56)

  • 1906 : Les capacités d’hospitalisation de l’Hôtel-Dieu et de La Grave sont insuffisantes. Un projet de construction d’un hôpital suburbain à Purpan est déposé. Les travaux débutent en 1911.
  • 1924 : Inauguration du Centre régional contre le cancer à La Grave.
  • 1934 : Création du premier Centre de transfusion sanguine à La Grave.
  • 1946 : Ouverture de l’hôpital Purpan le 2 février et déménagement de certains services de l’Hôtel-Dieu.
    L’arrivée des premiers antibiotiques (pénicilline et streptomycine) et la naissance de la Sécurité sociale en 1945 marquent le début des Trente Glorieuses.
  • 1958 : La création des Centres hospitaliers universitaires (CHU) permet de répondre à la triple mission de soins, d’enseignement et de recherche.
    Première intervention à cœur ouvert à l’hôpital Purpan.
  • 1959 : Première transplantation rénale.
  • 1966 : Prise en charge des premiers malades dialysés chroniques.
  • 1970 : À partir de cette date, l’hôpital Purpan va connaître
    des agrandissements successifs, justifiés par le développement des techniques et des spécialités médico-chirurgicales.
  • 1975 : L’ouverture de l’hôpital de Rangueil, construit à proximité de la nouvelle faculté de médecine (1967-1970), symbolise la synergie hospitalo-universitaire. Après la politique des hôpitaux « en miroir », les nécessités économiques vont entraîner de difficiles mais indispensables restructurations.
  • 1981 : La Direction générale du CHU s’installe à l’Hôtel-Dieu. Elle sera rejointe progressivement par toutes les Directions centrales.
  • 1985 : Première transplantation hépatique à l’hôpital Rangueil.
  • 1986 : Première transplantation cardiaque à l’hôpital Rangueil.
  • 1987 : Le dernier service d’hospitalisation quitte l’Hôtel-Dieu et, le 13 mars, première naissance à La Grave d’un enfant issu
    d’un embryon congelé.
  • 1988 : Première transplantation hépatique chez l’enfant à l’hôpital Purpan.
  • 1998 : Ouverture de l’Hôpital des Enfants sur le site de Purpan.
  • 2000 : L’acquisition de l’ancien hôpital militaire Larrey permet au CHU de poursuivre le développement rationnel et la politique de restructuration des Hôpitaux de Toulouse.
  • 2003 : Ouverture de l’hôpital Paule-de-Viguier (gynécologie-maternité) relié à l’Hôpital des Enfants.
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Les Hôpitaux de Toulouse au XXIe siècle

Publié le 23/09/2004 à 18h15 (mis à jour le 29/09/2016 à 18h09)

En ce début de XXIe siècle, les Hôpitaux de Toulouse continuent de participer à la croissance de la ville, devenue grande métropole européenne. Ils représentent un pôle de référence pour le secteur sanitaire en Midi-Pyrénées. Ils répondent aux mutations de l’époque et à l’exigence de qualité des soins.

Le CHU de Toulouse regroupe actuellement plusieurs établissements de soins.

Il est aujourd’hui un lieu d’expression de la médecine d’excellence qui couvre l’ensemble des disciplines médicales et chirurgicales courantes et spécialisées. Il dispose d’un plateau médico-technique de très haut niveau.

La recherche au CHU de Toulouse repose sur de nombreuses collaborations, en particulier avec l’université Paul-Sabatier, le Centre national de la recherche scientifique, et l’Institut national scientifique de la recherche médicale.

Référence du réseau sanitaire régional, le CHU de Toulouse est un partenaire privilégié des autres institutions de santé : établissements hospitaliers publics et privés, centres de soins, médecine libérale.

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