Endométriose

En France, 10% des femmes sont atteintes d’endométriose, dont 75% souffrent de douleurs chroniques invalidantes et dont 40% ont des difficultés pour avoir un enfant. Il faut 7 ans en moyenne pour diagnostiquer la maladie.

Fast Track : le parcours innovant pour l’endométriose

Publié le 11/04/2022 à 14h41 (mis à jour le 11/04/2022 à 15h43)

Le service médical-chirurgical de gynécologie du CHU de Toulouse (composé de professionnels du service de chirurgie générale et gynécologique et du service de gynécologie-obstétrique) coordonne une quinzaine de services hospitaliers afin de proposer un parcours de soins novateur dans la prise en charge de l’endométriose, intitulé Fast Track.

L’enjeu : offrir aux femmes atteintes d’endométriose un accompagnement global, un parcours de soin fluide et sécurisant.

Dans le cadre de ce parcours innovant Fast Track mis en place au CHU de Toulouse, les patientes souffrant d’endométriose, dès leur première consultation avec le gynécologue et en fonction de leurs symptômes, bénéficient le même jour et sur le même plateau technique de :

  • Une exploration de l’appareil urinaire
  • Une consultation avec un urologue.
  • Si besoin, une exploration de l’appareil digestif et un rendez-vous avec un gastro-entérologue sont également programmés.

Des médecins spécialistes de la douleur et gynécologues médicaux experts en traitements hormonaux complexes encadrent également la prise en charge des femmes, qui peuvent aussi rencontrer un psychologue et un sexologue.

Après analyse du cas de la patiente en RCP avec relecture des IRM par des experts de l’endométriose du service d’imagerie médicale, une chirurgie à 2 ou 4 mains selon les organes atteints (chirurgiens gynécologues, digestifs, urologues) sera programmée. Une dernière et même consultation avec les chirurgiens permettra d’expliquer à la patiente sa prise en charge chirurgicale. Le service de chirurgie thoracique fait partie du consortium ; des douleurs à l’épaule avec risque de lésion du diaphragme et de pneumothorax pouvant également faire partie des symptômes, plus rares, de l’endométriose.

Tout au long de la maladie et de leur parcours de vie, les femmes sont suivies de la conception à la ménopause.

La question des risques pour la fertilité est par exemple également abordée dès le premier rendez-vous, avec une consultation programmée dans le service de médecine de la reproduction.

Même sans projet d’enfant immédiat, une évaluation de la réserve ovarienne est effectuée et, avant la chirurgie, un prélèvement des ovocytes en vue d’une grossesse ultérieure, peut-être réalisée. Les femmes ménopausées, chez qui l’ablation des ovaires est préconisée, sont, elles, traitées et suivies par l’unité de ménopause et maladies métaboliques.

Témoignage du Dr Élodie Chantalat, chirurgien gynécologique

L’endométriose est une maladie multifactorielle qui peut toucher de nombreuses parties du corps et qui a un lourd retentissement sur plusieurs aspects de la vie des patientes. Il est donc essentiel de leur offrir une prise en charge globale qui associe l’ensemble des praticiens et qui s’intéresse à toutes les conséquences de la maladie : la douleur, l’infertilité, la vie sexuelle... Cette prise en charge de A à Z, rare en France, permet de fluidifier le parcours de la patiente et de lui proposer un accès facilité aux experts ainsi que des consultations mutualisées, avec des délais raccourcis. Cette initiative a ouvert des perspectives de mise en place d’une organisation de soins en réseau, avec une collaboration ville-hôpital, publique-privée.

Retrouvez également cette information sur le parcours de soin Fast Track dans notre communiqué de presse du 29 mars 2022.

Retour en haut de page

EndoTreat : un projet de recherche sur l’endométriose

Publié le 11/04/2022 à 14h41 (mis à jour le 11/04/2022 à 15h05)

En complément du parcours de soin Fast Track, le CHU a lancé un projet de recherche sur l’endométriose, baptisé EndoTreat.

Ce projet de recherche a pour objectifs de mieux comprendre les mécanismes de l’endométriose, maladie oestrogéno-dépendante dont l’initiation semble liée à des altérations du système immunitaire en lien avec l’action des récepteurs aux œstrogènes.

Un projet de recherche multipartenarial

Le CHU de Toulouse est soutenu dans la mise en œuvre du projet de recherche sur l’endométriose, EndoTreat, par :

Le projet, d’une durée de 3 ans et qui inclura 25 patientes ayant des lésions multi-sites (ovaire, digestif, urinaire, diaphragme, ligaments utéro-sacrés), a trois principaux objectifs :

  1. Caractériser les lésions et élucider le rôle des récepteurs aux œstrogènes en fonction de leur site anatomique de développement,
  2. Créer de nouveaux modèles d’études de l’endométriose tels que des organoïdes, plus pertinents et au plus proche de l’humain,
  3. Cribler des candidats médicaments pour proposer, à terme, de nouveaux traitements aux malades.

Témoignage du Dr Chantalat sur le projet EndoTreat

C’est le rôle d’un CHU que de se positionner tout au long de la vie des patients et de mener de front recherche et soin et c’est d’autant plus important dans le cas d’une maladie telle que l’endométriose dont on ignore encore les mécanismes et pour laquelle on n’a aucun traitement autre que symptomatique. Et si ce parcours de soin a pu être mis en place au bénéfice des patientes, c’est grâce à la motivation particulière de l’ensemble des services et à leur habitude de collaborer.

Retrouvez également cette information sur le projet de recherche EndoTreat dans notre communiqué de presse du 29 mars 2022.

[1GRAINE est le Groupement pour la Recherche Appliquée INnovante avec les Entreprises qui a octroyé une subvention de 300 000 € pour le projet de recherche EndoTreat.

[2Inserm/UPS : UMR 1297 I2MC Institut des Maladies Métaboliques et Cardiovasculaires et IRSD équipe 6 Environnement et épithélium intestinal

Retour en haut de page