Histoire de La Grave

La vision du pauvre au Moyen-Age et sous l’Ancien Régime

Publié le 13/09/2004 à 11h08 (mis à jour le 19/05/2005 à 12h12)

Les pauvres n’ont jamais eu leurs historiens ; les seules sources qui les mentionnent sont, entre autres, celles des Hôpitaux.
Le Moyen-Age exaltait les pauvres car ils étaient « à l’image du Christ ». Le pauvre était l’intercesseur privilégié avec le divin : « heureux vous les pauvres, le royaume de Dieu est à vous ». L’aide aux nécessiteux était très répandu, par l’intermédiaire des fondations, d’églises ou privées, nombreuses et éparses. Jusqu’à la fin du XVème siècle, les autorités royale et municipales n’interviennent pas. (voir aussi les éléments de définition de l’hôpital au Moyen-Age dans l’historique de l’Hôtel-Dieu Saint-Jacques).

L’Ancien Régime voit naître une évolution dans la vision du pauvre : il devient socialement dangereux et représente « la déchéance de l’être humain ».
Cette période (XVIIème et XVIIIème siècles) connaît une augmentation de la misère associée à une plus grande importance donnée au travail...
Tous ces éléments entraînent une nouvelle attitude vis-à-vis de l’indigent : le travail devient un moyen de rédemption et l’oisiveté est qualifiée de mère de tous les vices.
Dès le XVIème siècle, on assiste à un éloignement de la représentation du pauvre comme « image du Christ », il y a alors une hostilité de la part des sociétés urbaines envers les nécessiteux.
Le pauvre est accusé par exemple de « colporter les pestes » (entendre par ce terme générique à l’époque toutes les maladies contagieuses) car il bouge, et la mobilité géographique facilite la contagion. De par leur « genre de vie », les pauvres sont suspectés de venir de lieux contaminés. Lorsqu’une peste apparaît, on prend immédiatement des mesures contre eux.
Le pauvre est aussi « voleur de récoltes, d’enfants ... ». Enfin, dans une révolte ou une émeute, il n’a rien à perdre.
On s’est de tout temps « occupé » des pauvres, par charité ou par souci policier...

Retour en haut de page

« La Grave » : un Hôpital « primitif » peu connu

Publié le 13/09/2004 à 11h04 (mis à jour le 01/04/2005 à 12h56)

En 1197 « l’Hôpital de La Grave » est mentionné pour la première fois dans une charte de Raymond IV. Il est érigé en aval de l’Hôpital Sainte-Marie de la Daurade à quelques centaines de mètres sur les graviers de la Garonne, dans le quartier Saint-Cyprien. Il ne reste rien de ce premier Hôpital aujourd’hui.
Nul ne sait quelles étaient ses prérogatives ; sans doute servait-il de refuge aux pauvres, malades, vieillards toulousains ou de lieu de détention pour les prisonniers de guerre. Cet Hôpital tire son nom du lieu où il a été bâti : la grève qui longe la Garonne au niveau du port de pêche voisin.
Lorsque l’Hôpital de La Grave apparaît dans les documents, l’Hôpital Sainte-Marie de la Daurade fonctionnait déjà depuis plusieurs années.

Retour en haut de page

La peste et la 1ère restructuration du XIVème siècle à la 1ère moitié du XVIIème siècle

Publié le 13/09/2004 à 11h11 (mis à jour le 21/11/2006 à 16h50)

Au printemps de l’année 1348, la Peste Noire arrive à Toulouse et fait des ravages jusqu’en 1350 : 15% à 30% de la population toulousaine est décimée. C’est le plus grand fléau qu’a connu l’Europe à ce jour : cette épidémie a fait 30 à 40 millions de morts (75 millions dans le monde). Elle est récurrente pendant plus de quatre siècles. A cela s’ajoutent les conséquences de la Guerre de Cent ans (exils de populations, faillites, disettes, famines...)

  • 1398, le testament d’Arnaud d’Avignon mentionne 14 hôpitaux, dont celui de La Grave, et 3 léproseries à Toulouse... 1 siècle plus tard, on évoque 24 établissements hospitaliers.
  • 1504, le 26 février, devant la multiplicité des établissements hospitaliers médiévaux, le Parlement de Toulouse légifère et les hôpitaux existants vont être, peu à peu, réunis à l’Hôpital Saint-Jacques du Bout-du-Pont (futur Hôtel-Dieu).
    L’Hôpital de La Grave se trouve sous la police directe des Capitouls.
  • 1506, Toulouse est décimée par une peste, on compte plus de 3000 morts en ville.
  • 1508-1514, l’Hôpital De La Grave est agrandi et prend le nom d’Hôpital Saint-Sébastien accueillant les pestiférés (Saint invoqué pour combattre ce fléau).
    Dans la période allant de 1508 à 1544, cet hospice Saint-Sébastien héberge les pestiférés dans un pavillon à l’abri du mur d’enceinte et à l’écart des autres pensionnaires : mendiants, enfants trouvés, invalides, incurables, aliénés et prostituées. La situation extra-muros de l’Hôpital Saint-Sébastien avait pour avantage d’isoler les malades des habitants, mais il devient bientôt insuffisant et il faut trouver un autre endroit, ce qui va être fait en 1557.
  • 1515, deux arrêts du Parlement rappellent la réduction du nombre des petits hôpitaux : ceux-ci proliféraient de manière anarchique entre le XIème et le XIIIème siècle et « en raison des multiples nuisances, du danger de contagion et de leur mauvais gouvernement », un regroupement de ces petits établissements avait déjà été envisagé en 1504 ; il est ré évoqué en 1515 et va encore l’être en 1524 et 1540.
  • 1516-1517, la Tour Taillefer, adjacente à La Grave, à l’origine tour d’artillerie servant de réserve de poudre et de munitions et faisant partie des remparts de la ville, est affectée à l’accueil des pestiférés, des mendiants et des épileptiques.
  • 1540, le Parlement, devant les nuisances causées par la dissémination d’une multitude d’Hôpitaux dans la cité et les faubourgs, décide d’en réduire le nombre, qui passe de 30 en 1473 à 5 en 1540, et de les placer sous une administration commune à l’Hôtel-Dieu. Ces réductions du nombre d’établissements hospitaliers s’expliquent par la volonté des autorités de la ville de réduire le plus possible géographiquement les foyers d’infections potentiels et ainsi par la même occasion la circulation des malades et des personnels.
  • 1557, devant les pestiférés qui affluent à Toulouse et à l’Hôpital Saint-Sébastien, il est décidé de les enfermer dans les tours des remparts voisins, puis dans les prés des Sept-Deniers et de Bourrassol ou encore sur la colline de Terre-Cabade.
  • 1628 - 1631, la plus meurtrière épidémie de peste à Toulouse au XVIIème siècle : 10 000 morts sur cette période sur un total de 50 000 habitants. On compte plus de 5000 mendiants. L’augmentation considérable de la délinquance due à la pauvreté extrême met en danger l’ordre public. Cette situation est la même dans toute la France. Une législation répressive va être mise en place et aboutit quelques années plus tard à la politique de Grand Renfermement.
  • 1628, « on meure autant de peste que de froid ». Beaucoup d’élites locales fuient, dont des médecins ; les Capitouls font venir 4 chirurgiens de Cahors pour prêter main forte à leurs confrères toulousains.
  • 1629, le 17 juin, tous les malades soignés à l’Hôpital Saint-Sébastien des Pestiférés meurent par contagion...on en profite pour désinfecter les locaux.
Retour en haut de page

« Le Grand Renfermement » - seconde moitié du XVIIème siècle

Publié le 13/09/2004 à 11h12 (mis à jour le 25/03/2005 à 10h11)

En 1647 naît à Toulouse l’Hôpital Général Saint-Joseph de La Grave (Saint-Joseph étant le patron des travailleurs ; ses attributs sont la pauvreté, la charité et l’humilité). Il est situé dans les locaux de l’Hôpital Saint-Sébastien des pestiférés, réaffecté (la peste, certes toujours récurrente, n’était plus un fléau à Toulouse dès la seconde moitié du XVIIème siècle comme elle l’était au XIVème siècle).
Cette réaffectation s’explique par le fait que le XVIIème siècle est marqué par une misère effroyable, conséquences des guerres et des épidémies de peste.
En période de crise frumentaire ou financière (excès de la fiscalité royale), les pauvres sont nombreux à converger vers les villes (artisans et ruraux ruinés par exemple).
C’est pour répondre à ces mouvements d’indigents vers les villes qu’ont été créés les Hôpitaux Généraux au XVIIème siècle. On y menait la politique dite du « Grand Renfermement » des pauvres : « soigner, nourrir, instruire et relever le niveau moral des pauvres » tel est le but affiché. Mais ces malades sont bientôt en surpopulation sur le site de la Grave ; son voisin l’Hôtel-Dieu doit subir des transformations pour les accueillir.
Quelque soient les problèmes financiers et la surpopulation des pauvres hospitalisés, l’Hospice de la Grave, tout au long de ce siècle, ne refusa jamais l’entrée de nécessiteux.
Néanmoins, la politique du « Grand Renfermement » est à terme un échec car l’Hôpital Général n’a pas eu les moyens financiers et médicaux de la satisfaire.

Retour en haut de page

La fondation d’un « Hôpital Général »

Publié le 13/09/2004 à 11h14 (mis à jour le 21/11/2006 à 16h53)

A partir du XVIIème siècle, l’Hôpital Saint-Sébastien cesse de fonctionner pour les pestiférés. Les dons et legs se raréfient. Sous l’influence de Saint-Vincent de Paul et ses émules, sa vocation va être transformée. Arnaud Baric, l’Abbé de Ciron et Madame de Caulet organisent l’assistance aux pauvres, créent une Aumônerie Générale, dédient l’Hôpital aux mendiants, aux enfants trouvés et aux invalides. Mais il faut pour cela transformer l’Hôpital en « Hospice Général » (à l’image de ce qui a été fait à Paris) afin d’y loger ou d’y interner d’office les populations indigentes donc indésirables.

  • 1647, 6 juillet, les Capitouls transforment l’Hôpital Saint-Sébastien des Pestiférés en Hôpital Général Saint-Joseph de la Grave, pour y « renfermer » mendiants, voleurs, filles publiques mais aussi les « fous », les vieillards démunis, les orphelins et enfants abandonnés (accueillis en bas âge, instruits puis placés dans un corps de métier à l’extérieur). Tous doivent être pauvres et résidents en ville pour être admis. De manière générale, il y a une grande diversité des malades reçus à La Grave.
    Le 27 juillet de la même année, les notables toulousains se réunissent et les Capitouls en charge établissent un règlement en 38 articles qui fonde l’Hôpital Saint-Joseph de La Grave . Rappelons que les Capitouls ont pour charge, entre autre, l’entretien des édifices municipaux et la gestion des hôpitaux.
    18 directeurs sont alors nommés pour le gouvernement de l’établissement. On prévoit aussi la nomination de 4 prêtres.
    On établit des boutiques et des manufactures dans lesquelles les pauvres travaillent. Le produit de ce travail représente une petite partie des revenus de l’Hôpital. Les administrateurs espèrent sans cesse obtenir le complément de revenus par les quêtes et les dons, qui ne vont jamais cesser jusqu’en 1789 (sauf pendant les périodes de crises).
  • 1648, un trésorier est élu par les directeurs de l’Hôpital. Cependant, l’Hôpital Général ne fait à aucun moment quelque budget prévisionnel que ce soit : c’est au fur et à mesure des besoins ponctuels de l’Hôpital que ses directeurs se soucient des sommes qu’ils vont engager. Aucune ressource fixe n’est mentionnée dans les règlements fondateurs de l’année précédente. Sachant que l’Hôpital ne peut vivre avec le seul travail des pauvres, il possède des infrastructures à l’extérieur (terres agricoles, maisons, boutiques artisanales...) qui lui rapportent des revenus.
    La même année a lieu le premier legs fait à l’Hôpital, par un conseiller du Roi : 1500 livres. Dons et legs pouvaient être faits en argent, en nature ou encore en obligations (messes, prières à perpétuité...)
  • 1652, le pape Innocent X autorise la création de l’Hôpital Général et en 1658 c’est le Roi Louis XIV qui l’avalise.
  • 1652 - 1653, nouvelle apparition de la Peste à Toulouse (23 février), c’est la dernière grande épidémie pour la ville. Les pauvres, souvent dans l’impossibilité de fuir ou de se protéger, sont les victimes privilégiées de l’épidémie.
  • 1660, l’Hôpital est la propriété de ses directeurs qui créent l’année suivante leur conseil de gestion des biens, comme à l’Hôtel-Dieu.
  • 1662, un édit royal impose à toutes les villes et gros bourgs de créer et d’ouvrir un hôpital général ; ordre relancé en 1676.
  • 1661 - 1684, Agrandissement de l’Hôpital Général Saint-Joseph de La Grave et début de construction des grandes cours. En 1684, des 5 hôpitaux issus de la première restructuration, ne subsistent plus que l’Hôtel-Dieu et La Grave.
  • 1681, Louis XIV décide d’établir l’administration de La Grave à 24 directeurs.
  • 1687, un incendie détruit une partie des bâtiments de l’Hôpital.
Retour en haut de page

Crises internes et conflits du XVIIIème siècle 

Publié le 13/09/2004 à 11h17 (mis à jour le 21/11/2006 à 16h56)

Du Moyen-Age à la Révolution, l’Hôpital fonctionne sur le mode d’une fondation, en institution autonome, placé sous l’autorité de l’Archevêque, des Capitouls et des membres du Parlement Royal. Des règlements très précis fixent les conditions d’admission et de séjour des malades et des incurables. Les difficultés financières de l’Hôpital Général s’accroissent.
Les relations avec son voisin l’Hôtel-Dieu sont de plus en plus tendues au milieu du XVIIIème siècle : ces contentieux prennent naissance dans les obligations qu’ont instaurés leurs règlements respectifs : chaque hôpital se renvoie des malades pour cause de saturation.
On comprend alors aisément pourquoi La Grave réclame aussi de façon récurrente à ce que les pèlerins n’aillent demander asile qu’à l’Hôtel-Dieu « du fait du même patronyme ».

  • 1709, hiver rude, l’Hôtel-Dieu refuse tout malade supplémentaire ; il est saturé ; beaucoup de malades décèdent ; les nouveaux arrivants sont refoulés à La Grave...dont les statuts stipulent que seuls les malades guéris doivent lui être envoyés. Des conflits entre les deux hôpitaux jalonnent tout le XVIIIème siècle.
  • 1711, les difficultés financières de l’Hôpital Général deviennent préoccupantes.
  • 1720, le paiement de rentes viagères est trop lourd, les directeurs annoncent que la faillite est imminente.
  • 1717, l’archevêque de Toulouse, Mgr Henri de Nesmond lègue aux pauvres de l’Hospice de la Grave tous ses biens dans le but de construire une nouvelle Chapelle (celle que l’on peut voir aujourd’hui ), en remplacement de celle qui était régulièrement inondée par les crues de la Garonne.
  • 1727, septembre, une inondation meurtrière s’abat sur le quartier Saint-Cyprien. Le Roi accorde, pour réparation des dommages, 2430 livres à La Grave.
  • 1729, 54 femmes reconnues coupables de prostitution sont enfermées au « quartier de force » de La Grave.
  • 1736, l’assemblée des directeurs décide de rendre hommage aux nombreux bienfaiteurs des hospices en faisant réaliser le portrait de ceux qui auront donné au moins 5000 livres. Ce sont plusieurs de ces portraits que l’on peut voir encore aujourd’hui dans les salles patrimoniales de l’Hôtel-Dieu (voir aussi historique de l’Hôtel-Dieu : « les portraits de bienfaiteurs »). De 1736 à 1789, 20 portraits ont été réalisés.
  • 1750, est évoquée la présence de 12 « Sœurs Grises » à La Grave.
  • 1758, le 20 septembre, Gaspard de Maniban, premier président au Parlement de Toulouse, pose la première pierre de la Chapelle de la Grave (les travaux, souvent interrompus, ne sont achevés qu’en 1845).
    Dès lors, tout ce qui restait de l’Hôpital des pestiférés disparaît peu à peu : la nouvelle affectation de l’Hôpital La Grave s’accompagne d’importantes modifications architecturales (les grandes cours carrées). 2500 indigents y sont enfermés. Les grilles encore en place aujourd’hui dans l’aile construite à cette époque rappellent ce que pouvait être le « Grand Renfermement ».
  • 1760, la faillite de l’Hôpital Général est déclarée ;
  • en 1763 les directeurs démissionnent collectivement.
  • 1764, 3 août, un édit royal constatant que les hôpitaux n’avaient pas suffisamment de « lieux de force » fait ouvrir les « Dépôts de mendicité » qui visent à l’enfermement non plus seulement les pauvres et les mendiants mais aussi les vagabonds et les « chômeurs ». Le Dépôt de Toulouse ouvre deux ans plus tard.
    Ces « Dépôts de mendicité » étaient extérieurs à l’Hôpital et dépendaient du pouvoir central. Réalisés pour réprimander le vagabondage, ils étaient surtout des prisons...l’échec du Grand Renfermement commence à se faire sentir...
  • 1765, un arrêt du Conseil ordonne la vente des rentes, des terres et autres biens-fonds de l’Hôpital. De manière générale, les finances n’étaient jamais équilibrées.
  • 1776, février, le Dépôt de Toulouse est supprimé. Le Renfermement reprend l’année suivante mais aux frais de la ville. La même année, le Parlement de Toulouse ordonne un recensement des prostituées en ville pour les enfermer à La Grave. Les étrangères à la commune, elles, sont bannies.
  • 1778, Alexis Larrey est nommé chirurgien-major de l’Hôpital de La Grave.
    Entre 1718 et 1789, le nombre de mendiants enfermés passe de 50 à 253.
Retour en haut de page

La tourmente Révolutionnaire

Publié le 13/09/2004 à 11h19 (mis à jour le 21/11/2006 à 16h58)

En 1792, La France s’enfonce dans la crise économique et sociale post-révolutionnaire. La misère se développe, en particulier dans les villes. l’anarchie règne dans les hôpitaux, elle culmine en 1796 ; cet état d’incurie va persister jusqu’en 1802.
Pendant une période tourmentée de 10 ans, les différents gouvernements qui se succèdent font de l’assistance aux pauvres une de leur priorité. Ils consacrent aux hôpitaux des fonds importants par rapport à leur budget d’Etat, mais minimes pour les établissements hospitaliers qui ont d’énormes besoins, aggravés par la Révolution.

  • 1789, la municipalité de Toulouse prend le contrôle de la direction des Hôpitaux et du pouvoir des Capitouls.
  • 1790, l’Etat supprime les secours qui étaient jusqu’alors à sa charge ; la municipalité doit alors subvenir aux besoins des hospices. La commune de Toulouse doit gérer les biens hospitaliers.
    Dès lors, l’Hôpital Général comme son voisin l’Hôtel-Dieu ne vont cesser de réclamer par pétitions des fonds au département, qui n’arrivent que tardivement et insuffisamment.
  • 1792, la Convention déclare Biens Nationaux les propriétés des Hôpitaux. N’ayant plus de ressources, (la disparition de la féodalité, de la Dîme entre autre, a entraîné des répercussions financières considérables sur le budget hospitalier) les Hôpitaux s’acheminent vers la faillite.
    Le 21 décembre de cette année, une nouvelle administration s’installe à La Grave : bourgeois et négociants prennent alors les dernières places occupées jusque là par les nobles et les ecclésiastiques.
  • 1793, par patriotisme et idéologie, la Grave est rebaptisé « Hospice de Bienfaisance ».
    Un rapport de Carnot dénonce les Hôpitaux de la ville comme des foyers de contre-Révolution . En effet, le personnel se doit d’être aux « normes Républicaines » ; on soupçonne le personnel religieux, les Sœurs et les prêtres, de faire pression sur les malades (donc des personnes vulnérables et impressionnables).
    Cette année est une « année terrible » selon l’expression de Victor Hugo. Elle est le point culminant de la crise. La République Jacobine (2 juin) impose des changements radicaux pour l’Hôpital Général. Celui-ci est non seulement soumis à l’impôt (au nom de l’égalité devant celui-ci) mais doit aussi participer à l’effort de guerre (réquisitions).
  • 1794, médecins et chirurgiens sont regroupés par un même diplôme : le doctorat en médecine. La persécution, puis le départ des religieuses désorganisent les soins et aboutissent à une anarchie totale.
  • 1795, le 24 octobre, la Convention, avant de se séparer, sous la pression des Hôpitaux en pleine détresse financière, déclare le droit des hôpitaux de jouir de nouveau provisoirement de leur patrimoine (mais beaucoup de leurs possessions ont déjà été vendues).
  • 1797, l’Hôpital de la Grave double sa surface en annexant des locaux militaires voisins qui provenaient de l’ancien Couvent des Clarisses de Saint-Cyprien (Dames de la Porte) ; (la Révolution avait transformé ce couvent en hôpital militaire). C’est dans ce domaine qu’allait être établi plus tard le quartier des aliénés. La Grave devient donc l’hôpital le plus grand de la ville avec une surface de 6 hectares.
  • 1798, Devant l’anarchie hospitalière causée par le remplacement des religieuses par des « commères bonnes patriotes », idéologiquement conformes mais incompétentes, l’Etat abandonne les Hôpitaux et met à la charge du budget municipal leur service et leur entretien (retour de l’Etat seulement en 1940).
    Cependant, l’Etat garde à sa charge l’entretien des sourds, muets, aveugle et enfants abandonnés et orphelins.
  • A la veille de la Révolution, il y a plus de 1500 enfants abandonnés à Toulouse, ce chiffre n’a fait que croître depuis 1789 car les nourrices n’étaient plus payées (ou payées en Assignats, monnaie de papier en laquelle on avait peu confiance) et ramenaient les enfants à l’Hôpital.

La Révolution a provoqué une rupture importante dans le système hospitalier français. Parce que fondées sur une utopie, les idées, bien que généreuses, n’ont pas donné naissance à un système hospitalier aux bases solides, viables et durables. L’Hôpital La Grave, comme tous les établissements français, est dans un dénuement extrême au moment même où le peuple a le plus besoin de ses services. Malgré cette incurie, l’Hôpital Général n’a jamais été fermé à la misère humaine et les pauvres ne sont jamais morts de faim à l’Hôpital.

Retour en haut de page

La Grave au XIXème siècle - l’essor de la médicalisation

Publié le 13/09/2004 à 11h22 (mis à jour le 21/11/2006 à 17h00)

A la fin du XVIIIème siècle, l’Hôpital Général Saint-Joseph de La Grave voit naître un nouveau concept de la pauvreté qui vient remplacer celui de charité hérité du Moyen-Age : la bienfaisance ; c’est-à-dire la prise en charge des nécessiteux par les pouvoirs publics laïcs et non plus par l’Eglise.
L’« Hôpital Général » n’est plus, l’Hôpital Saint-Joseph de La Grave voit ses attributions se recentrer sur la seule médicalisation.

  • 1803, le Quartier de Force de La Grave qui était à la fois asile, prison et mouroir pour les femmes « vénériennes » et les prostituées, ferme définitivement ses portes. Déjà en 1778, les vénériennes avaient été transférées à l’Hôtel-Dieu pour bénéficier d’un suivi médical, mais rapatriées sur La Grave en 1817).
  • 1814, 10 avril, bataille de Toulouse entre les armées françaises du Maréchal Soult et les coalisés anglo-espagnols de Wellington qui se solde par une victoire de ces derniers. Les hôpitaux militaires étant insuffisants pour accueillir le nombre de blessés, les lits de l’Hôtel-Dieu et La Grave ont été mis à disposition. Le 18 avril, Wellington visite les Hôpitaux et leur fait un don pour leur entretien.
  • 1815, le 20 février. Après avoir été persécutées et exclues des hôpitaux, il est décidé que le service de l’Hospice de La Grave serait exclusivement confié aux filles de Saint-Vincent de Paul à compter du 10 mars. Les autorités avaient compris que les Sœurs étaient indispensables dans les Hospices : « Elles assuraient à moindre frais tous les soins et apportaient aux malades le réconfort de la religion ».
  • 1838, une loi, inspirée par Philippe Pinel, médecin aliéniste (1745-1826), oblige chaque département à se doter d’un établissement spécialement destiné à recevoir et soigner les aliénés. Ceux-ci ne sont alors plus considérés comme des « déments punis par Dieu » mais comme des malades : « Loin d’être des coupables qu’il faut punir, ils sont des malades dont l’état pénible mérite tous les égards dus à l’Humanité souffrante » (Pinel).
  • 1845, à La Grave, les travaux de la nouvelle chapelle commencés en 1758 sont enfin terminés. Le 14 mars, le premier office y est célébré.
  • 1863, achèvement de l’Asile de Braqueville ; le Pr. Marchant, ancien élève de Jean-Etienne Dominique Esquirol (1772-1840), médecin aliéniste élève de Pinel, en devient le directeur. La nouveauté réside dans le fait que cet établissement ne revêtait plus le caractère carcéral des quartiers de la Grave.
  • 1875, le 23 juin, l’inondation la plus meurtrière de l’Histoire toulousaine atteint tout le quartier Saint-Cyprien. L’Hôpital La Grave est inondé et les malades sont évacués vers la ville et l’hôpital militaire, certains même à l’Hôpital de Montpellier. La Grave est devenu une île sans communication par voie de terre avec son voisin l’Hôtel-Dieu. Il y avait 4 mètres d’eau dans les cours et les jardins ; une plaque commémorative rappelle encore aujourd’hui ce drame.
    On remet en état les salles d’hospitalisation mais globalement La Grave bénéficie de moins de reconstructions que son voisin l’Hôtel-Dieu.
    (voir détails des évènements de cette journée dans l’Historique de l’Hôtel-Dieu Saint-Jacques).
  • 1876, début de la campagne de rénovation des Hôpitaux suite à l’inondation, campagne qui va durer jusqu’en 1893.
  • 1878, le Maréchal MacMahon, Président de la République, signe le décret établissant une Faculté mixte de Médecine et de Pharmacie à Toulouse.
  • 1889, installation de la Maternité à la Grave avec l’école d’accouchements (car trop de mortalité à l’Hôtel-Dieu).
  • 1890, 20 lits sont créés à la Grave pour le soin des aliénés, côté rue Réclusane : Cette clinique surnommée la « Mentale » a été établie pour l’enseignement des étudiants en médecine.
  • 1891, le 3 novembre, une proposition du Conseil Municipal, largement anticlérical, demande le retrait de toutes les Religieuses des services hospitaliers, en prétextant des économies budgétaires ; c’est le début du long débat sur la laïcisation des Hospices.
  • 1893, inauguration de l’Ecole d’accouchements de La Grave. Loi du 15 juillet : instauration de l’Assistance Médicale Gratuite.
  • 1889, la Maternité s’installe à La Grave car les infections nosocomiales et puerpérales à l’Hôtel-Dieu prenaient des proportions catastrophiques.

La fin du XIXème siècle est marquée pour les Hôpitaux de Toulouse par la laïcisation progressive des services. On évoque pour la première fois en 1899 la nécessité d’avoir dans les villes, qui ont vu les facultés de Médecine s’ouvrir, une école d’Infirmières. Les soins allaient, dans un contexte de progrès médicaux croissants, se professionnaliser et faire l’objet d’un diplôme d’Etat.
Regroupant un total de 900 lits, La Grave comptait à la fin du XIXème siècle des quartiers de vieillards, valides ou infirmes ; deux quartiers de fous et d’épileptiques ; deux quartiers d’enfants et quatre services de malades. C’était toujours une maison pour les pauvres mais sa dimension médicale allait prendre son essor.

Retour en haut de page

Première moitié du XXème siècle : permanences et innovations

Publié le 13/09/2004 à 11h25 (mis à jour le 21/11/2006 à 17h01)

Malgré l’installation de nouveaux services cliniques, l’Hôpital de La Grave gardait toujours la trace, dans son architecture et dans les mémoires, d’un passé misérable : folie, vieillesse, délinquance et ambiance carcérale. « (...) une masse de bâtiments où le soleil se hasarde rarement et où, sous les voûtes silencieuses, le passant ne frôle que des malheureux au terme de leur chemin » (J. Barbot, 1905).

  • 1901, ouverture de l’école des Infirmiers et Infirmières.
  • 1906, comme pour l’Hôtel-Dieu, on se rend compte que les capacités d’accueil de La Grave sont insuffisantes. Le projet d’un hôpital suburbain à Purpan découle de cette constatation.
  • 1914-1918, bien qu’éloignée du front, Toulouse voit arriver bon nombre de réfugiés qui nécessitent d’être hospitalisés. Ce premier conflit mondial montre combien les infirmières sont importantes tant les soins à apporter sont conséquents (chaîne des soins, organisation des secours, quantité importante de personnels soignants nécessaires etc...)
  • 1922, « l’école Régionale d’Infirmiers, d’Infirmières et d’Assistantes sociales » est installée à La Grave. Le 27 juin, le décret de création du diplôme est établi. La durée de formation et la technicité ne vont cesser d’évoluer.
  • 1924, Inauguration du Centre régional contre le cancer (CRAC) à la Grave.
  • 1934, instauration du premier centre de Transfusion sanguine à La Grave. La Grande Guerre avait montré l’urgence de pouvoir gérer les problèmes hémorragiques issus de blessures graves : il fallait une organisation rationnelle des transfusions. Le Docteur André Stillmunkès a installé dans son service de vieillards à La Grave un petit laboratoire qui allait peu à peu prendre de l’importance pour devenir un centre officiel en 1936. Le centre de transfusion de La Grave assurait pendant tout l’entre-deux-guerres les transfusions de Toulouse et des départements limitrophes mais aussi toutes les formes d’hémothérapie ou de sérothérapie.
  • 1936, la médicalisation de La Grave se développe avec la présence de 6 services cliniques relevant aussi de la Faculté de médecine (accouchements ; maladies mentales ; urologie ; chirurgie infantile ; ORL et Centre Régional anti-Cancéreux) et de 3 services relevant de l’Administration des Hospices (Maternité ; prostituées vénériennes ; école régionale d’infirmières).
  • 1939, 2 septembre, la commission administrative prend les premières mesures de « défense passive » : elle prévoyait des abris à l’Hôtel-Dieu et à La Grave dans les salles voûtées ainsi que des salles d’urgence pour la réception des blessés. On multiplie des équipes de brancardiers. Le 27 septembre est créé à La Grave un hôpital mixte (civil et militaire).
  • 1940, la guerre apporte un flot ininterrompu de malades.
  • 1941, 21 décembre, une loi pose le principe d’irréversibilité de l’ouverture de l’hôpital à toutes les catégories de malades.
Retour en haut de page

Seconde moitié du XXème siècle : entre hospice et hôpital

Publié le 13/09/2004 à 11h28 (mis à jour le 21/11/2006 à 17h03)

La période des « Trente Glorieuses » d’après guerre est une période de profonds bouleversements sociaux et économiques et l’influence sur les hôpitaux, notamment sur les capacités d’hospitalisation, vont se faire ressentir dès le début des années 1960. (Voir à ce sujet les historiques des Hôpitaux de Purpan et de Rangueil pour davantage de détails).
La Grave est à la fois hôpital et hospice : les services médicaux étaient bien équipés mais l’hospice reflétait toujours l’ambiance d’autrefois...L’Hôpital La Grave va subir de profonds changements, au profit des nouveaux établissements hospitaliers qui vont ouvrir leurs portes.
Les années 1960 sont surtout celles des réformes hospitalières d’importance : naissance du CHU ; statut du personnel enseignant hospitalier ; grands projets de travaux etc...

  • 1951, novembre, fermeture du Centre de Transfusion sanguine de La Grave au moment où, à Purpan, s’ouvrait le Centre Régional de Transfusion Sanguine.
  • 1958, naissance du CHU, Centre Hospitalier Universitaire.
  • 1960, création de l’Ecole des Cadres Infirmiers de Toulouse, la seconde en France.
  • 1963, La Grave compte 382 lits au total.
  • 1974, le CRAC, sous l’impulsion de son directeur, Pierre-François Combes, change de nom pour devenir l’Institut Claudius Régaud.. Il se trouve encore aujourd’hui sur le site de La Grave.
    La même année est ouvert à La Grave, sous la direction du professeur André Pontonnier, le CPEF, Centre de Planification et d’Education Familiale de Toulouse. Son rôle essentiel est la prévention (contraception ; MST ...) mais aussi l’écoute des personnes pour repérer les difficultés familiales d’ordre conjugal ou sexuel dans un souci d’accompagnement.
  • 1975, le 15 avril, création du « Service Infirmier ».
  • 1978, établissement dans les services de gynécologie-obstétrique du Département des dossiers médicaux lequel regroupe 5 unités fonctionnelles d’hospitalisation, soit 143 lits (consultation externes et exploration fonctionnelle). Cette centralisation de la gestion de ces dossiers permet d’éviter aux malades et à l’Hôpital des examens répétitifs, inutiles et onéreux.
  • 1979, mai, début des travaux de restructuration de la Maternité : création d’un service de 29 lits, restructuration d’un service de consultation et création des services médicaux-techniques.
  • 1980, les chaudières à charbon en service à l’Hôtel-Dieu et à La Grave depuis les années 1940 ne permettent plus, malgré leur longévité, d’assurer le service en toute sécurité. Une chaufferie centrale utilisant le gaz de ville est installée à La Grave.
    Le 30 juin, le Conseil d’administration du CHR a statué favorablement sur le principe de l’humanisation d’un service de personnes âgées de La Grave d’une capacité de 82 lits. Il s’agit de l’humanisation des salles Sainte-Louise, Sainte-Thérèse et Saint-Vincent. Les pouvoirs publics ont exprimé le souhait de voir disparaître les salles communes. Ces travaux de rénovation consistent à réaménager ces locaux sur deux étages et de les compartimenter en 21 chambres de 1 à 4 lits chacune. Les travaux vont durer jusqu’en mai 1985.
  • 1982, 5 juillet, le Plan Directeur prévoit la démolition de l’ancien quartier de Psychiatrie : les bâtiments les plus vétustes (Bayle) sont démolis. La place gagnée grâce à ces démolitions va permettre de repenser le schéma de circulation des véhicules dans l’Hôpital avec notamment la construction de nouveaux parkings et le déplacement de l’entrée principale.
    On prévoit aussi la rénovation du plateau technique de Gynécologie-Obstétrique ; des travaux d’aménagements pour l’implantation de l’Hôpital de jour de Pédopsychiatrie ; la construction d’un bâtiment de 240 lits pour les personnes âgées ; le réaménagement de l’Ecole de Sages-femmes et la création d’une crèche.
  • 1983, naissance de quintuplés à La Grave. La même année, les Sœurs de Saint-Vincent de Paul quittent le site.
  • 1984, le 31 janvier, naissance du premier bébé éprouvette de la région Midi-Pyrénées dans les services de gynécologie-obstétrique de l’Hôpital La Grave. Le professeur Jean-Michel Rème a dirigé l’opération de réimplantation de l’embryon.
  • 1988, ouverture d’un salon de coiffure et d’esthétique pour les personnes âgées de La Grave. Ce nouveau service s’inscrit dans le cadre du programme d’humanisation de l’hospitalisation des personnes âgées entreprit dès le début des années 1980.
  • 1992, 1er septembre, ouverture du secteur autisme du Service Médico-Psychologique transféré à l’Hôpital La Grave dans le bâtiment Pinel. Il s’agit d’une petite unité qui accueille les enfants dans le but d’établir ou de confirmer un diagnostic, de réaliser un bilan médical complet et d’effectuer une évaluation en vue de la mise en place d’un programme éducatif personnalisé. Par son approche pluridisciplinaire, ce service est une unité-pilote qui n’avait pas à cette date son équivalent ailleurs en France. Le pôle psychologique et éducatif est développé en collaboration avec les familles.
  • 1994, un chantier-école est établi à La Grave pour rénover les peintures des couloirs avec des couleurs gaies. Fin avril, les travaux de rénovation du Pavillon Nanta abritant la dermatologie se sont achevés ; le service des prématurés a vu ses plafonds rabaissés, ses boxes agrandis et les sanitaires équipés d’un système de chlorisation automatique.
  • 1996, amélioration de l’accueil des patients à La Grave dans les unités de soins mais aussi grâce aux progrès de l’informatique, pour leur enregistrement administratif (l’allégement des démarches).
  • 1997, les pédiatres adoptent une nouvelle organisation médicale avec la création d’un département Médico-Chirurgical de Pédiatrie unique. En effet, depuis cinquante ans, la Pédiatrie Hospitalière, très éparpillée sur les sites du CHU (dont la Clinique Chirurgicale infantile à La Grave), a connu de nombreuses mutations et doit se préparer une autre de taille : celle du regroupement pédiatrique sur le pôle mère-enfant de Purpan dans le nouvel Hôpital des Enfants qui ouvre ses portes l’année suivante. Une page de l’Histoire de l’Hôpital La Grave va être tournée.
  • 1998, préparation à la démarche d’accréditation de l’Hôpital La Grave, démarches qui vont se poursuivre en 2000, 2001 et 2002. Elle consiste en une auto-évaluation (analyse, critiques) de tout ce qui est mis en place pour renseigner, accueillir et soigner les patients, c’est-à-dire tout ce qui touche à la prise en charge et à l’environnement des soins.
  • Déménagement des services de Maternité de La Grave vers le nouvel Hôpital Mère-Enfant, Paule de Viguier, qui ouvre ses portes en 2003. C’est l’aboutissement du rapprochement de la maternité et des services de pédiatrie. Une nouvelle page de l’Histoire de l’Hôpital La Grave est tournée.
  • 2003, février, accréditation de La Grave.
Retour en haut de page

Aujourd’hui et demain : le devenir d’un patrimoine en question

Publié le 23/06/2011 à 10h44 (mis à jour le 14/09/2012 à 11h34)

- 2004, le 12 janvier, le conseil d’administration du CHU de Toulouse s’est prononcé en faveur d’un grand projet de modernisation des hôpitaux et de restructurations des services autour de pôles. L’élaboration et la réalisation de ce projet, qui n’a pas son pareil depuis 30 ans, va se prolonger jusqu’en 2010 pour déboucher, moyennant de très lourds investissements, à un regroupement des activités hospitalières de même nature, mettant ainsi fin aux « hôpitaux miroirs ».
L’Hôpital La Grave n’aura plus de services d’hospitalisation traditionnelle mais uniquement des activités ambulatoires. Après la maternité déjà été transférée à l’Hôpital Paule de Viguier, les services de gériatrie à leur tour programmés pour quitter le site.

Une page est tournée

  • 2007, Elaboration du projet « Hôpital 2007 » comprenant de grands chantiers engagés sur le site de Purpan et Rangueil pour permettre les restructurations prévues dans le Projet Médical, c’est-à-dire le regroupement des soins par pôles spécialisés entre Purpan, Rangueil et le site du Cancéropôle à Langlade. (Voir les Grands Projets du CHU.Dans ce cadre, le site d’Ancely à Purpan a été choisi pour recevoir les services de personnes âgées dépendantes de La Grave et de moyen séjour de Purpan. Un nouvel établissement y est construit. Baptisé « Hôpital Garonne », il comprend 160 lit de long séjour et 20 lits de moyen séjour. A la fin de l’année 2009, ce nouvel établissement est livré.
  • 2010, au mois de mai, les patients de La Grave sont petit à petit transférés à l’Hôpital Garonne. Dès lors, le site de La Grave n’accueille plus de patients hospitalisés.
    Pour les équipes soignantes comme pour les patients, dont certains étaient présents à La Grave depuis de nombreuses années, une page est tournée mais le livre d’histoire de La Grave ne se ferme pas encore. Toujours propriété du CHU de Toulouse, l’établissement sera réaffecté à d’autres activités, dans le respect de l’architecture existante, protégée au titre des Monuments historiques.

L’Hôpital Saint-Joseph de La Grave a subi de très nombreuses mutations depuis son apparition dans les documents au XIIème siècle. Malgré une architecture rappelant son rôle d’isolement au XVIème siècle puis d’enfermement de la misère urbaine des XVIIème et XVIIIème siècles, il gagne son statut de véritable Hôpital avec la médicalisation de ses services au XIXème siècle et avec leur humanisation au XXème siècle.
Même si son caractère de monument historique et ses infrastructures anciennes ne lui ont pas permis d’être inclus en ce début de XXIème siècle dans la restructuration des services hospitaliers autour de pôles, il reste, avec son voisin l’Hôtel-Dieu Saint-Jacques, le symbole de la genèse de la communauté de Santé toulousaine et de son histoire
.

Retour en haut de page