Histoire de l’hôpital Rangueil

Le projet de construction d’un nouvel hôpital pour Toulouse

Publié le 13/09/2004 à 16h27 (mis à jour le 29/04/2005 à 16h28)

De 1954 à 1958, l’expansion démographique de la population toulousaine et de la Région Midi-Pyrénées laissait entrevoir l’arrivée de profondes mutations :

  • nouveaux projets d’urbanisme en 1962 ; arrivée de 100 000 Rapatriés d’Algérie ; exode rural important etc...
  • depuis le début des années 1960, les régions du Midi ont gagné 3,5 millions d’habitants, soit une augmentation de 40% de la population, laquelle va se « redistribuer » sur l’ensemble du territoire (les géographes parlent alors de France inverse) grâce aux mutations industrielles.
  • la décentralisation de 1963 allait provoquer l’installation de nombreuses écoles d’ingénieurs et la création d’un complexe de 170 hectares à Rangueil.
  • avec Sud Aviation en 1957 la dynamique aéronautique est créée ; en 1973 le CNES (Centre National des Etudes Spatiales) est ouvert drainant avec lui de grandes industries du secteur spatial.
    Toutes ces transformations ont fait que peu à peu, la capacité d’hospitalisation à Toulouse (comme dans toutes les grandes villes du pays) était devenue insuffisante...
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Les raisons d’un nouveau complexe hospitalier

Publié le 13/09/2004 à 11h45 (mis à jour le 25/06/2015 à 13h26)

L’Histoire de l’Hôpital de Rangueil commence en 1959. C’est à cette date que le Doyen Guy Lazorthes (1910-2014) soumet au Conseil de la Faculté de Médecine et à la Commission Administrative un rapport dans lequel la construction d’un nouvel hôpital et d’une nouvelle Faculté de médecine liés l’un à l’autre est présentée comme indispensable pour faire face à la progression croissante des besoins sanitaires et du nombre d’étudiants en médecine.
La structure de l’établissement en projet se conforme aux exigences de la réforme hospitalo-universitaire mise en application en 1961.
Elle satisfait aux règles fixées par l’ordonnance de 1958 : association de locaux à vocation hospitalière universitaire et de recherche dans un même ensemble architectural ; humanisation ; fusion des fonctions hospitalières et universitaires ; plein-temps du personnel médical ; intégration plus poussée des étudiants à l’hôpital.
Cette réalisation a permis de moderniser et d’agrandir de façon notable la capacité du Centre Hospitalier de Toulouse, en l’adaptant aux impératifs de la réforme hospitalière.

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Le cheminement du projet

Publié le 13/09/2004 à 11h45 (mis à jour le 04/05/2005 à 12h45)

Celui-ci s’est échelonné de 1960 à 1967. L’achat du terrain de Pouvourville-Rangueil par l’Education Nationale a lieu le 24 décembre 1963 après que ce nouveau complexe ait été déclaré d’utilité publique au Journal Officiel le 1er octobre.
L’avant-projet concernant le lieu d’implantation choisi par M. Michel Debré, alors Premier Ministre, a été approuvé en 1967 : le nouvel établissement va être édifié sur les derniers escarpements des coteaux qui descendent vers la route Narbonnaise.
Ce projet a été jalonné par de nombreuses missions, des études diverses, des enquêtes de toute sorte mais aussi plusieurs ralentissements et controverses.
M. Paul Desnoyers et M. Noël Lemaresquier sont les architectes de l’ensemble de l’établissement hospitalier dont la réalisation s’est élevée à 213 millions de francs.

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La construction en chiffres

Publié le 13/09/2004 à 11h46 (mis à jour le 01/04/2005 à 13h37)

Les travaux de terrassement ont débuté en 1969 moyennant 3000 plans, l’emploi de 90 280 m2 de béton, 2310 tonnes d’acier. Au total, 500 000 tonnes de terre vont être déplacées. 1200 Km de câbles ont été tirés pour l’installation électrique, 650 Km de tuyauteries, 8000 bouches de soufflage ou d’extraction etc...
Puis sont établies la voirie, les routes d’accès ; quant aux fondations, elles descendent jusqu’à 18 mètres de profondeur.
La construction des bâtiments commence le 3 août 1970.
Le délai contractuel fixé à 42 mois augmenté de 4 mois pour cause d’intempéries, a amené la livraison des bâtiments le 11 juillet 1974.
L’édification verticale de ce nouveau complexe hospitalier s’oppose à la structure pavillonnaire de l’Hôpital Purpan, jugée à l’époque dépassée.
La livraison du matériel s’achève en janvier 1975 et l’ouverture progressive de l’établissement se fait à compter du 1er avril 1975...12 ans se sont écoulés entre le projet initial et l’ouverture, contre 40 pour l’Hôpital Purpan !
L’accueil des premiers malades a lieu en mai 1975 dans le service de neurologie du bâtiment H1 et le 12 mai, 1400 lits sont disponibles.

Madame Simone Veil, Ministre de la Santé et de la Sécurité Sociale, inaugure l’établissement le 27 octobre 1975 en présence de Pierre Baudis, maire de Toulouse et M. Méau, Directeur Général du CHU. Les services vont être ouverts progressivement jusqu’en 1976, date à laquelle l’établissement atteint son rythme de croisière.

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Implantation et accès

Publié le 13/09/2004 à 11h47 (mis à jour le 04/05/2005 à 12h47)

Le CHU de Rangueil est implanté sur un terrain de 35 hectares environ sur les coteaux de Pech-David, dans le quartier de Rangueil, à 230 mètres d’altitude. Cette situation procure aux malades, outre bien sûr les équipements médico-techniques les plus modernes et performants, une vue panoramique sur la ville de Toulouse. Ils peuvent même par beau temps voir la chaîne des Pyrénées.
L’accès du public au nouvel hôpital s’est fait au moyen d’un réseau de voies modernisées grâce à la création de l’échangeur de Rangueil et l’élargissement du chemin de Pouvourville. Le Chemin des Canalets va en faciliter encore l’accès.

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Importance du Centre Hospitalier

Publié le 13/09/2004 à 11h47 (mis à jour le 04/05/2005 à 12h48)

Au stade final d’aménagements, le CHU de Rangueil va comporter 130 000 m2 de planchers et 1400 lits répartis en plusieurs ensembles distincts mais reliés par des galeries permettant une liaison très facile entre eux.
Rangueil présentait comme avantages de regrouper sur un même site les structures de soin, les amphithéâtres d’enseignement et les laboratoires de recherche. Mais encore faut-il aussi convaincre les Toulousains ( et le personnel infirmier !) de la pertinence de ce nouveau site géographique d’hospitalisation, eux qui sont habitués depuis des siècles à des hôpitaux en centre-ville !
La multidisciplinarité de ce nouvel hôpital ne tarde pas à convaincre les réticents.

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Amélioration des conditions d’hospitalisation et humanisation de l’Hôpital

Publié le 13/09/2004 à 11h49 (mis à jour le 04/05/2005 à 12h50)

Lors de leur visite de ce nouvel Hôpital de Rangueil le 27 novembre 1976, accompagnés par les architectes Desnoyers et Le Maresquier, des membres de l’Association des Toulousains de Toulouse relatent leurs impressions sur les conditions d’hospitalisation des malades à cette époque : « [...] tout a été étudié pour que le malade se sente chez lui tout en bénéficiant d’un maximum de sécurité pour les soins médicaux.
Ainsi, les chambres comportent toutes une loggia qui, outre l’agrément, procure une protection solaire très efficace ; le sanitaire comprend, pour chaque chambre, WC et lavabos. Chaque malade dispose d’un placard individuel, d’une table et d’étagères-bibliothèques, le tout regroupé dans un ensemble de menuiserie rappelant, dans la chambre, la chaleur d’un mobilier d’appartement [...] Chaque chambre est dotée de la distribution des gaz médicaux (oxygène, vide, air comprimé) et d’une signalisation hospitalière de la conception la plus récente.
Les malades et visiteurs sont accueillis dans un hall de grandes dimensions, dans lequel ils peuvent trouver, outre le bureau des entrées, nécessaire à une bonne exploitation de l’Hôpital, les services propres à lui rendre le séjour plus agréable dans la mesure où cela est possible ; boutiques de journaux et de fleurs, bureau des PTT, auberge de jour avec cafétéria, salle de télévision, bibliothèque.
Dans chaque service, malades, consultants et visiteurs disposent de locaux d’accueil et d’attente confortables.
Mais, par ailleurs, les techniques les plus modernes sont retenues pour faciliter le travail du personnel, donc le service des malades : réseau de tubes pneumatiques permettant la diffusion rapide des documents et des médicaments urgents [système abandonné peu après], réseau téléphonique intérieur, transport du linge sale permettant d’éviter la véhiculation, toujours désagréable, à travers les couloirs, des sacs de linge sale et de déchets divers ; ascenseurs rapides et à services spécialisés, etc...
Ainsi, la ville de Toulouse est dotée d’un ensemble hospitalo-universitaire lui permettant de ne rien envier aux autres grandes métropoles de France. »
Source : « l’Auta » janvier 1977, pp. 14-18

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Des mutations nécessaires (1975-1995)

Publié le 13/09/2004 à 11h51 (mis à jour le 25/06/2015 à 13h23)

La vie des Hôpitaux, à partir de 1975, s’est liée encore plus étroitement aux impératifs économiques engendrés par les dépenses de santé : le « trou de la Sécu » avait fait son apparition en 1973 et est devenu rapidement préoccupant. Le ralentissement économique avait provoqué la montée du chômage et parallèlement une chute des cotisations. Depuis 1973, le budget des hôpitaux était perpétuellement déficitaire.

Les aménagements ont dû concilier les impératifs de la gestion rigoureuse d’un budget de plus en plus serré avec les nécessaires investissements techniques, les mises en conformité inévitables, le renouvellement des matériels, les revendications du personnel et l’amélioration indispensable des conditions d’hospitalisation : développer les chambres de 1 à 2 lits ; réduire la durée des séjours (la « mise en observation » ou « l’hospitalisation-dortoir » héritée de l’après-guerre représente une époque révolue).
Chaque site hospitalier se modernise, « redéploie » ses activités et son personnel.
A Rangueil, parmi les changements majeurs, on retient le réaménagement du 7ème étage du H1 avec la néphrologie, l’hémodialyse, la transplantation, les soins intensifs, les urgences, l’endocrinologie, la diabétologie, la radiologie...

Dans le détail, des évènements déterminants ont ponctué la vie de l’Hôpital de Rangueil, en voici quelque uns :

  • Depuis 1960, et ce pendant 25 ans, l’E. L. A. M. forme tous les laborantins du CHU, d’abord à Purpan puis à Rangueil.
  • En juin 1975, Mme le Professeur Enjalbert (1916-2015), avec le premier C. L. I. (Comité de Lutte contre l’Infection) met en place une surveillance des maladies nosocomiales.
    Février 1976, ouverture de l’Ecole d’Infirmiers et d’Infirmières de Rangueil avec une capacité d’accueil de 150 élèves, qui parvient à 659 en 1980.
  • 1981, juillet, les spationautes Jean-L. Chrétien et Patrick Baudry simulent une situation d’impesanteur en étant alités en service de Neurologie pour permettre l’observation du comportement de l’organisme dans l’espace.
    Le 22 février 1984, le Service des Grands Brûlés ouvre ses portes au quatrième étage du bâtiment H2 et est baptisé Centre Félix Lagrot.
    Le 27 novembre 1985, transplantation d’un fémur (première chirurgicale) réalisée par l’équipe du professeur G. Utheza sur un homme de 35 ans lui évitant ainsi l’amputation.
  • 1986, le 31 mars, première greffe cardiaque au CHU de Rangueil.
    Le 1er mars 1989, ouverture d’une consultation de dépistage des maladies du sein (notamment le cancer) par les professeurs Becue, J. Hoff et F. Joffre. La même année ouvre un centre de dépistage des tumeurs prostatiques.
    Le 25 septembre 1989, un laboratoire d’étude des maladies du sommeil (insomnie nocturne et hypersomnie diurne) ouvre dans le service d’Exploration Fonctionnelle Neurologique du professeur Arbus.
    Le 25 septembre 1990, ouverture d’un laboratoire d’immunologie et mise en service d’un nouveau scanner.
  • Fin 1991, dans le domaine de la biologie, mise en service de « VALAB », un système informatique de validation automatique des résultats avant leur édition ; installé dans le laboratoire de biochimie. C’est un exemple de partenariat entre le corps médical et l’informatique.
  • 1992, réorganisation du secteur des Soins Intensifs du service de Neurochirurgie de Rangueil des professeurs Yves Lazorthes (1910-2014) et Lagarrigue dans un but d’asepsie.
  • 1993, inauguration de l’IRM à Rangueil.
  • 1994, les chambres des patients sont rénovées.
  • 1997, mise en service de deux ascenseurs et d’une passerelle à l’entrée de l’Hôpital.
  • 1999, ouverture du « Relais H ». La même année, le site des Hôpitaux de Toulouse est ouvert aux internautes.
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L’Hôpital de Rangueil au moment de la catastrophe de l’usine AZF

Publié le 13/09/2004 à 11h52 (mis à jour le 19/05/2006 à 13h30)

  • 2001, le vendredi 21 septembre à 10h20, l’usine AZF de Toulouse explose faisant 30 morts, 2242 blessés dont 782 hospitalisés et une trentaine dans un état grave. Le Plan blanc est déclenché sur l’ensemble des sites du CHU (excepté La Grave). Les chocs psychologiques sont importants puisque le CHU est resté en alerte jusqu’au mardi. Des centaines de personnes sont sans abris. La colline de Rangueil reçoit de plein fouet l’onde de choc qui balaie fenêtres, plafonds, verrières...les 4000 personnes travaillant sur le site sont persuadées que l’explosion a eu lieu à l’Hôpital. Le réseau téléphonique interne du CHU fonctionne. On a peur que les bâtiments s’écroulent ... les malades sont évacués. L’urgence s’établit très vite et la cellule de crise est mise en place avec le corps médical.

L’Hôpital, bien que sinistré, doit répondre à l’accueil des victimes. 489 personnes sont accueillies aux urgences durant le week-end, 92 sont hospitalisées. Une cinquantaine de membres du personnel sont touchés par le souffle et les débris projetés.
Les hospitaliers ont su faire face malgré l’ampleur et la soudaineté de cet événement.

  • Entre 2000 et 2002, mise en place progressive de la mutualisation des SPI (salles post-interventionnelles), pour contrôler les effets résiduels des médicaments anesthésiques et les complications post-opératoires ou liées à l’anesthésie ; ces salles sont au nombre de 5 à Rangueil.

La mise en conformité et l’adaptation du bâti et des installations techniques ont entraîné des réalisations coûteuses, pas souvent perçues par les équipes soignantes et les malades mais pourtant indispensables.
Cet établissement s’inscrit dans la continuité du complexe scientifique pluridisciplinaire associant les Facultés de Santé (Médecine, pharmacie, odontologie) et celles de Sciences (sciences de la Vie et de la Terre, Physique, Chimie, Automatique, mathématiques, informatique et gestion).

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Rangueil aujourd’hui et demain

Publié le 05/09/2012 à 17h19

2002, en février, installation du CRCM adulte (Centre de ressources et de compétences de la mucoviscidose.

2003, 7 avril, ouverture du service rénové des urgences. Dans le cadre du regroupement par pôles, les spécialités prenant en charge les pathologies cardio-vasculaires sont regroupées sur Rangueil au sein du pôle cardiovasculaire et métabolique. Les spécialités d’urologie, de néphrologie, de transplantation d’organes, de chirurgie générale et gynécologique, de chirurgie plastique et de prise en charge des brûlés sont aussi implantées sur ce site.

2004, 14 janvier, le conseil d’administration du CHU a voté un vaste projet de modernisation de ses hôpitaux qui s’étalera jusqu’en 2010.
A terme, les spécialités chirurgicales d’organes à vocation cancérologiques, dont l’activité sera étroitement liée avec le futur site de Langlade (Institut Universitaire du Cancer) seront concentrées sur le site.
Ainsi, afin d’accueillir l’ensemble de ces disciplines, il est prévu la construction d’un nouveau bâtiment (h3). Il devrait comporter des blocs opératoires, une salle de réveil et des lits de réanimations. Son implantation géographique sera parallèle au bâtiment administratif et au service d’accueil des urgences.

2005, 18 novembre : célébration du 30e anniversaire de l’ouverture de l’hôpital de Rangueil et le 37e anniversaire de la faculté de Rangueil.

2006, 11 décembre, ouverture de l’UHSI, Unité Hospitalière Sécurisée Interrégionale.

2009, la construction du bâtiment h3 s’achève. Il comprendra : le hall d’accueil au rez-de-chaussée, au 1er niveau 8 salles de blocs opératoires et SPI (salles poste-interventionnelles) ; au second niveau 10 salles de blocs opératoires et SPI ; au 3e niveau le service des brûlés et des locaux techniques et au 4° niveau le service de réanimation.

2011, 18 avril, ouverture dans le bâtiment h3 de la « Maison des usagers ». Il s’agit d’un lieu d’orientation et d’information pour les usagers et leur famille, dans lequel plusieurs associations prennent en charge gratuitement les patients et leur famille pour les informer sur leurs droits ; l’organisation de l’hôpital et l’offre de soins ; la prise en charge d’un problème de santé ; les moyens pour aider un proche ; les campagnes de prévention santé.
Le 14 novembre de la même année, le bâtiment h3 est inauguré et prend le nom du doyen Guy Lazorthes.

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